Voici deux bonnes raisons de voter pour le court-métrage « Je suis l’autre nuit »  du réalisateur Jean-Baptiste Derieux, en lice pour l’édition 2017 du Nikon Film Festival. Si vous n’avez jamais entendu parler de ce festival, il s’agit d’une compétition où chaque participant doit réaliser un court-métrage en moins de 140 secondes avec un titre évocateur commençant par « Je suis ». Le thème de cette année est lié à la rencontre.

Première bonne raison de voter : l’actrice principale, Lydie Balthazar

Lydie-BalthazarLydie Balthazar y interprète le rôle d’une chanteuse lyrique. On n’en dit volontairement pas plus pour éviter de spoiler. Lors du tournage, pas de doublage voix ! Et pour cause, Lydie chante divinement sur un air du compositeur Boito. D’origine martiniquaise, Lydie chante depuis qu’elle a 18 ans (elle en a aujourd’hui 35). On a eu envie de lui en demander plus sur ce qui l’a amené dans ce milieu.

 

Pourquoi avoir choisi le chant lyrique?

« Je ne chante pas uniquement du lyrique. J’ai abordé le lyrique quatre ans après avoir commencé à chanter hors de ma salle de bains […]. Je m’étais inscrite à un cours de chant, pour rencontrer du monde. La prof enseignait la technique lyrique. J’ai été surprise de découvrir qu’une même personne pouvait avoir « différentes voix » chantées. […] Il m’a fallu longtemps avant de vraiment pouvoir ressentir cette musique, à se demander même pourquoi je continuais. Mais le jour où c’est venu, j’ai vécu ça comme un grand cadeau ».

Il semblerait qu’il y ait peu de diversité dans ce milieu, peux-tu nous raconter une anecdote liée à tes origines (positives ou négatives)?

« J’ai peu à dire sur le milieu lyrique. Je ne suis jamais arrivée au stade où mes origines auraient pu représenter un obstacle ou même un avantage. Ce milieu est très dur à la base. C’est de la musique de répertoire, et on fait sans arrêt les frais de la comparaison avec des monstres sacrés alors que l’on commence à peine… L’à-peu-près ne pardonne pas. Ni dans la musique, ni dans l’attitude. Jamais. Même à l’école, car l’écrémage commence déjà là. Il faut déjà en être conscient. Les questions de racisme, ce n’est qu’une fois qu’on est sûr que l’on est vraiment bon, et, aussi, que l’on fait des choix judicieux en termes d’orientation de carrière. Pas avant. On peut avoir l’impression que peu de chemin a été parcouru depuis les pionnières : Christiane Eda-PierreLéontine PriceBarbara Hendricks, Jessye NormanKathleen Battle…, Mais on voit de plus en plus d’artistes classiques noir(e)s, métissé(e)s, maghrébin(e)s, sur les scènes françaises et j’en suis ravie : Ahlima Mhamdi. Nous étions ensemble au conservatoire de Paris 9e. Elle a déjà réalisé un très beau parcours et sa carrière est en pleine expansion, Omo Bello, Pretty Yende… Je ne scrute pas en permanence l’émergence des jeunes artistes, mais je suis certaine qu’il y a plein de jeunes antillais(es) en cours de formation ou avec des carrières intéressantes. Je leur souhaite le meilleur, on sait combien nos jeunes sont capables ! »

Lydie-Balthazar 

La deuxième bonne raison de voter : l’originalité du scénario

Le réalisateur Jean-Baptiste Derieux n’en est pas à son premier coup d’essai. Il a notamment réalisé trois documentaires diffusés sur le site de Polynésie première (France télévision) ainsi qu’un clip pour l’artiste Zahariya. C’est la deuxième fois qu’il participe au Nikon Film Festival et pour la réalisation de JE SUIS L’AUTRE NUIT, il nous raconte sa rencontre avec Lydie :  « Pour l’annonce du casting, je souhaitais une femme entre 35 et 50 ans, typée… car il faut bien l’avouer, les femmes de ménage dans les entreprises sont quasiment toujours issues des « minorités » comme on dit. J’ai abordé ce sujet avec chacune des candidates et cela n’a jamais posé le moindre problème. Disons que le film aurait été moins crédible avec une blonde aux yeux bleus… ». Il ajoute : « Je souhaitais une chanteuse qui sache jouer la comédie et non l’inverse. Nous avons donc fait passer un casting auprès de chanteuses lyriques. Mon choix s’est immédiatement porté sur Lydie : quand elle a commencé à chanter, j’en ai eu des frissons. Ce n’était plus la même femme. C’était exactement ce que je recherchais pour le personnage de Sonia. D’autre part, nous avons eu un très bon feeling ». Et pour expliquer d’où lui est venue l’idée du sujet, il détaille : « Je me suis inspiré de ma vie professionnelle, celle de consultant dans une grande entreprise : je croise des femmes de ménage tous les jours, mais le fait est que nous ne communiquons absolument pas, et c’est bien dommage. Le message du film est qu’il faut savoir regarder autour de soi et ne pas se contenter de voir, que tout le monde mérite d’être considéré ». Le court-métrage qui dure 140 secondes à un léger côté subversif, à ce propos Jean-Baptiste Derieux explique : « Disons que j’ai cherché à ce que chacun se pose la question de son rapport à l’autre et s’interroge sur la question des différences sociales ».

Alors n’attendez plus pour visionner le film et surtout soutenez-le en votant avant le 25 janvier 2017. Grâce à vos votes JE SUIS L’AUTRE NUIT sera peut-être parmi la liste des 50 finalistes qui seront soumis au vote d’un jury présidé par Cédric Klapisch.

On compte sur vos votes ! Merciiiiii !

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Cliquez sur l’image pour visionner le film

Vidéos Polynésie 1ere :

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