Le joueur de football américain , ancien Quarterback de l’ équipe de San Francisco 49ers est depuis plusieurs mois l’objet de nombreux débats dans la presse américaine mais egalement sur les réseaux sociaux.

L’affaire Kaepernick, pour la baptiser ainsi, commence en août 2016. Lors de la pré-saison du championnat de football américain le joueur décide de ne pas se lever au son de l’hymne national américain en signe de protestation contre les brutalités policières contre des afro-américains. Kaepernick ne sait pas encore qu’il vient d’ouvrir la boite de pandore oú iront s’engouffrer les chaînes de télévisions proches de la droite dure mais aussi les grands nostalgiques des états confédérés.

Quand d’autres utilisent Twitter, cassent ou protestent, avec véhémence. Quand d’autres arborent des t-shirts du type « Black Live Matters » ou lèvent le poing du black power pendant une mi-temps du Superbowl ; Kaepernick lui, choisit une contestation, somme toute calme, silencieuse, presque timide.

Pourtant ce geste anodin semble avoir sonné le glas de la carrière de ce sportif de 29 ans. Poser un genou entrerait au panthéon des actes anti-systèmes, loin devant les marches, loin devant les dérapages publics ; c’est en tout cas le message subliminal que nous renvoie l’establishment et la bien-pensance US. Car comment expliquer par exemple que Ray Rice ancien joueur des Ravens de Baltimore avait écopé de deux jours de suspension pour avoir physiquement agressé sa fiancée allant jusqu’à la mettre KO a coups de poings. Dans un autre registre Bill O’reilly peut accumuler les scandales sexuels et continuer d’être animateur vedette chez Fox News. Mieux encore comment comprendre la clémence de la NFL face au nommé Johnny « Football » Manziel malgré des affaires de kidnapping, séquestration et menace de mort sur la personne de son ex petite amie ; tout cela serait moins grave que de poser un genou à terre en signe de protestation silencieuse contre une injustice?

Quoi qu’il en soit Kaepernick est désormais persona non grata et dans une NFL où les quaterbacks décents se font de plus en plus rares, on ne peut manquer de s’interroger sur le sens réel d’un tel boycott. Le deux poids deux mesures devrait a minima, nous interpeller et remettre sur la table la réalité du racisme systémique aux USA.