L’annonce de la sortie de son album intervient il y a un peu plus de deux semaines; et depuis ce matin le nouvel opus de Jay Z est disponible sur Tidal; nous l’avons écouté pour vous.

L’album s’ouvre sur le titre “Kill Jay Z” 2 minutes et 58 secondes ultra personnelles ; au demeurant c’est certainement la caractéristique principale de cet album de 10 titres. Le rappeur se dévoile comme jamais auparavant. “Kill Jay Z” semble être une lettre de Shawn Carter a son alter ego Jay Z que le rappeur semble vouloir tuer (au sens figuré ). Cette lettre ouverte apparaît tel une catharsis vivifiante et libératrice qui s’opère devant tous. Jay Z y avoue avoir failli commettre la même erreur qu’Eric Benet pour avoir, pour le paraphraser, presque réussi perdre la plus belle fille du monde (NDR: Eric Benet et Halle Berry étaient un couple médiatisé dont la rupture fit grand bruit); Jay Z termine ce texte avec emphase “Don’t be Eric Benet” conclue-t-il!

The Story of OJ, second titre de l’album est un “instant classic”; C’est un Jay Z adulte, mature, qui semble vouloir transmettre aux jeunes générations les leçons de plus de 2 décennies dans un rap game qui n’a plus de secret pour lui. Cette chanson est une ode a l’entreprenariat, un genre “Ghetto Economics”qui devrait être enseigné aux jeunes du monde entier. Certainement notre titre favori qui vient comme un douche froide sur les idées reçues que l’on se fait du rappeur de base. Le titre aborde aussi la question noire a travers de l’allégorie de OJ Simpson.

Si le rappeur se découvre dans les deux premiers titres; Smile confirme le ton personnel du projet. On y apprend l’homo-sexualité de sa mère longtemps dissimulée par peur du regard d’autrui. La chanson qui reprend le thème de “Love in Need” de Stevie Wonder se ferme sur un poème de Gloria Carter la mère du rappeur, sur la nécessité de vivre sa vie pleinement.

Caught their eyes arrive ensuite; c’est un régal d’allitérations avec un hook de Frank Ocean sur un sample de l’icône Nina Simone. Le titre est co-produit par le rappeur lui-même; on y retrouve la logique des titres précédents Jay Z y relate le combat qui a longtemps opposé le regretté chanteur Prince dont il fut très proche avant la mort; n’hésitant pas a citer nommément Londell McMillan un des avocats du chanteur disparu pour la cupidité dont il fit preuve dans la gestion des affaires du défunt

4:44 est le morceau suivant a partir duquel fut baptisé l’album. C’est la cerise sur le gâteau; d’une honnêteté déconcertante. C’est une lettre ouverte a son épouse la chanteuse Beyoncé. Shawn Carter affirme son immaturité en amour sans faux-semblant. C’est un mea culpa ponctué d’un genre de ad lip guttural qui requiert l’attention de l’auditeur; la phrase: “I suck at love I think I need a do-over” (je ne sais pas y faire en amour; j’aimerais tout reprendre depuis le début) résume bien l’esprit de ce titre.

Cet album de 10 titres touche a l’essentiel; Jay Z semble ne pas vouloir perdre de temps; il refuse de prendre des gants. Musicalement c’est un album homogène dont toutes les productions sont signées NO ID; le producteur originaire de Chicago un des mentors de Kanye West; accompagne donc le rappeur de Brooklyn dans son album le plus personnel a ce jour. 4:44 semble être une réponse au “Lemonade” de Beyonce. L’album est un condensé de sentiments dans lequel infidélités, craintes et autres imperfections sont mises en chanson et virevoltent entre “bass” et “treble”. Jay Z rompt avec l’image du dur a cuir froid et calculateur de Marcy Project et dévoile Shawn Carter; l’époux, le père et assurément un des MC’s les plus doués de sa génération. Si le doute persistait encore chez certains 4:44 devrait clore le débat définitivement.

L’album est une bombe! Du rap pour adultes, point blank!

4:44 n’est pour le moment en écoute que sur Tidal, ou ci-dessous. Press play :