Chaque pays et chaque territoire a sa culture et traditions propres. La mondialisation a certes favorisé les échanges commerciaux et économiques, mais a aussi beaucoup apporté sur le plan humain et social. Ainsi, qu’en est-il quand certaines personnes, étrangères au pays qu’elles ont adopté, choisissent de reprendre les codes culturels de certains territoires, par intérêt personnel ou parfois, marketing ?

Le débat du jour : Mixité et appropriation culturelle

Dans son livre L’autre moitié du soleil (2006), Chimamanda Ngozi Adichie, écrivaine nigériane, parle ainsi de « la difficulté pour un africain de voir un européen blanc de peau à s’exprimer mieux dans son dialecte que les propres enfants de « l’autochtone ».

Les 27 et 28 mai dernier s’est tenue la première édition de l’événement Congo Na Paris. Véritable tremplin pour faire connaitre le Congo au niveau touristique, culturel et économiques,  l’événement a attiré un bon nombre de visiteurs.

Les organisateurs ont récemment publié une vidéo sur leur page Facebook, mettant en avant Patrick Mundélé, un jeune artiste musicien, en promotion pour son album « Paris – Kinshasa express ».  Jusque là, rien de particulier, si ce n’est que Patrick Mundélé est un homme, blanc. Né et ayant grandi à Kinshasa, il parle couramment le lingala et sait jouer du likembé (mbira), instrument très populaire en République Démocratique du Congo.

Ce qui frappe, est la majorité des commentaires négatifs parvenus à la suite de cette vidéo. Certains reprochent aux organisateurs de favoriser une personne « étrangère », car blanche, face aux « locaux » tandis que d’autres suggèrent qu’il n’y a rien d’exceptionnel à voir une personne blanche parler lingala.

Des réactions parfois agressives

Ce n’est pas la première fois que l’on peut voir de vives critiques sur le net, de la part d’une communauté envers une personne étrangère. En 2016, un chanteur français d’origine vietnamienne, Dinh VZ, fait le buzz sur Facebook en présentant son single « Ola Ou Yé » (Où es-tu), chanté en créole.

La vidéo devient virale, et parmi les réactions surprises, parfois admiratives, des internautes, nombreux sont les commentaires méprisants et parfois racistes qui fusent, certains ne comprenant pas pourquoi un asiatique « s’approprierait » le zouk, en tant que style musical alors qu’il n’a aucune origine antillaise ou africaine. D’autres suggèrent qu’il est plus choquant de voir un asiatique parler créole qu’un blanc…

Les exemples sont nombreux, comme Antoine de Caunes qui s’est intéressé à la sapologie, dans son émission pour Canal +, en 2016 ou plus récemment, Victoria Abril, actrice espagnole qui s’est fait illustrée au Festival de Cannes pour sa tenue colorée, mêlant plusieurs vêtements et accessoires traditionnels : kimono japonais au tissu d’inspiration wax et bazin, coiffure surmontée de tresses collées…

Victoria Abril au Festival de Cannes 2017

 


Ainsi…
La culture ne va t-elle que dans un sens ? Faut-il se laisser aller à la peur de l’autre ? La mondialisation a t-elle amené un pillage des cultures plutôt qu’un partage ? Faut-il encourager les autres cultures à se mélanger, quitte à peut-être perdre une identité culturelle, prête a se fondre dans une autre et perdre son authenticité ?
 
Comme la semaine dernière, nous attendons vos nombreuses réactions !