La semaine de la mode Parisienne s’est terminé il y a quelques jours. Je n’ai pas scruté les défilés car je n’avais pas d’invitation. Qui sait peut-être l’année prochaine. Bon, je me perds. Je voulais aujourd’hui voir la place des mannequins issus de la diversité dans cette industrie.

Qui sont-ils? Sont ils bien représentés? Pourquoi les critères de beauté ont ils du mal à évoluer?

 

naomi-campbell-fashion-editorial-2015Depuis plusieurs années, le Groupe Elite, prestigieuse agence de mannequin, va dans les quartiers dénicher les modèles de demain. Elle a eu l’occasion de lancer des castings à Rosny sous Bois ou même Thiais.  Nous avons espéré voir plus de couleur dans les talents de demain. Que nenni!! Même en faisant des castings dit « différents », les gagnantes sont caucasiennes. Les premières mannequins à ouvrir le chemin (d’autres avant elles ont ouvert le chemin, mais nous nous souvenons plus de celles-ci) sont Naomi Campbell pour les Etats Unis et Noémie Lenoir (égérie de La Redoute à ses débuts, qui se rappelle de ça) pour la France. Je ferai une petite rétrospective des mannequins noires, un peu plus tard dans un autre article. Mais nous avons toujours du mal à trouver des mannequins multiéthniques. Les asiatiques font de rares apparitions tandis que les maghrébines sont totalement absente des podiums ainsi que des campagnes publicitaires. La marque Benetton reste la seul à avoir mis en avant cette diversité multiraciale.

A ce manque de diversité, les publicitaires rétorque le besoin d’identification des femmes. Il parait que les mannequins noires rapportent moins d’argent que les mannequins caucasiennes. En effet, leur peau est souvent marquée par des vaccins mal faits ou des piqûres d’insectes… Leurs cheveux sont difficiles à coiffer. Les « fesses des Noires » ne sont pas adaptés aux coupes de vêtements. Et puis, le nez négroïde, ce n’est pas toujours joli en photo », débite une directrice d’agence. Que répondre après ça. Que les mannequins noires mettent en valeur la couleur, elles ont un port de tête distingué, un gabarit idéal, de longues jambes, elles sont fermes et musclées. Elles n’ont rien à envier aux blanches!

1 : Jourdan Dunn ; 2 : Ajak Deng ; 3 : Joan Smalls ; 4 : Cora Emmanuel ;

5 : Sessilee Lopez ; 6 : Anais Mali ; 7 : Liya Kebede ; 8 : Anais Mali

Au cours de la Fashion Week à New York, le site Jezebel a calculé que près de 79% des modèles étaient blanches. C’est la preuve que l’Occident a du mal à intégrer des critères de beauté qui lui sont étrangers. Dans les années 70, les Noirs américains avaient lancé le slogan « Black is beautiful », pour s’élever contre ces modèles de beauté standard blancs, mais force est de constater qu’ils sont encore dominants aujourd’hui.

A la fin de la fashion week, le constat est toujours le même. Il n’y a pas de diversité dans les défilés. Depuis plusieurs années, des mannequins noires ou originaires d’Inde ou d’Asie de l’Est ont dénoncé un milieu raciste, dans lequel elles sont réduites à une présence symbolique. Face à ce constat, des anciennes mannequins noires s’étaient déjà alarmées en 2013. Le combat des tops de légende Iman Bowie, Naomie Campbell et Bethann Harrison  porte t-il leurs fruits ? Derrière les success story des Jourdan Dunn et Joan Smalls se cache-t-il un racisme systématique ?

Certes, les choses bougent. Dans la haute couture (chez Yves Saint Laurent, Lanvin), mais aussi dans le street wear (Adidas, Nike) et le maquillage (Clarins, L’Oréal). Et surtout sur les podiums, où les métisses et les Noires ont déjà fait leur entrée mais en petite quantité. Barbara Bui a fait défiler des Asiatiques il y a quelques années. Les mannequins blacks, asiatiques ou maghrébins continuent d’être peu choisis. Sauf s’il cherche de l’exotisme. Les Blacks marchent mieux que les Beurs.  Quand on veut avoir une couleur “Maghreb”, on prend une Brésilienne. Pourquoi? Je ne sais pas. Voila le constat que j’ai pu faire.

Depuis quelques années, nous voyons de plus en plus d’égéries noires dans l’univers de la cosmétique. A l’instar de Rihanna ou encore Lupita Nyong’o leur couleur de peau ne fait pas l’égérie mais plutôt leur carrière, leur caractère, leurs aspirations et leur état d’esprit.

balmain