Le premier long métrage du cinéaste franco- malien Daouda Coulibaly est un thriller digne des productions américaines.

Wùlu, relate l’histoire d’un jeune homme de 20 ans, ambitieux dans la vie et qui gravit les échelons de passeur de drogue à trafiquant.

Le titre Wùlu (chien en bambara) fait référence d’ailleurs au rite initiatique malien N’tomo. Le wùlu est le dernier des cinq niveaux que doivent gravir les jeunes initiés. Basé sur des faits réels, ce thriller place au cœur de son sujet la cocaïne qui est un mal qui gangrène le pays actuellement.

Synopsis:

Ladji est « prend-ticket » (rabatteur) pour les chauffeurs de bus de la capitale. Mais ce qui lui tient particulièrement à coeur est de sortir sa sœur (rôle interpreté par Inna Modja) de la prostitution. En se rendant compte que son emploi ne suffira pas à trouver la manne qui pourra le sortir de cette impasse, il décide de contacter un trafiquant de drogue qu’il connait et à partir de cet instant il travaille pour lui.

Dès son premier voyage, à bord d’un camion qui contient de la viande et du poisson, les choses ne se déroulent pas comme prévu. C’est avec dextérité qu’il s’en sort, mais, surprise à son retour, le jeune homme retrouve son patron assassiné. Il récupère sa place et profite pour gravir les échelons et au bout de six mois, se fait un nom dans le milieu.

A travers cette histoire, Coulibaly montre qu’il connait et maîtrise le sujet. Coulibaly dépeint le caractère d’un jeune homme ambitieux, battant, et prêt à tout pour parvenir à ses fins.

Bien que Ladji soit passeur de drogue, ses rêves riches en richesses peuvent être considérés comme un avertissement pour ces trafiquants qui espèrent améliorer généreusement la vie de ceux qui les entourent, mais qui dans leurs efforts pour le faire, pourraient se retrouver à exploiter des personnes, commettre tout simplement un acte criminel.

Le film Wùlu est aussi un message politique. Plébiscité au Festival d’Angoulême, ce film dessine le portrait d’une société malienne corrompue( comme beaucoup de pays africains)  et où la pauvreté côtoie la jeunesse souvent poussée par le matérialisme à agir de façon à basculer du mauvais côté  afin de succomber à la tentation. La drogue évoquée ici est et devient un fléau en Afrique subsaharienne. Rappelons que le réalisateur nous embarque dans cet univers noir et incertain, surtout réel (petit clin d’œil à l’affaire Air Cocaïne de 2009 au Mali).

Entre bambara et français, ce film vous transportera en Afrique, direction Bamako et la campagne sénégalaise.

Sortie prévue le 11 Janvier 2017

Ladji: Ibrahima Koma

Aminata: Inna Modja

Réalisateur Daouda Coulibaly

Pour les impatients,une séance est prévue le 24 Novembre à 20h au Forum des Images, en présence des acteurs du réalisateur et du producteur.