Je suis tombée sur une info féministe relayée par la newsletter du site Les Glorieuses. Au départ, j’ai acquiescé à ce coup de gueule que je vous suggère de lire ici sur le site de challenges.fr. Puis j’ai vite déchanté…

Pour revenir sur les faits, Delphine Rémy-Boutang, la fondatrice de la Journée de la femme digitale (JFD) et de l’agence digitale The Bureau a réagi à une photo diffusée fin août par le magazine Capital, qui mettait en scène 11 hommes en chemise blanche et blue jean. Ces 11 hommes selon l’enquête représentaient les jeunes pousses françaises.

L’article précise : « le sang de Delphine Rémy-Boutang n’a fait qu’un tour: onze hommes en chemise blanche et jean marine, shootés sur une terrasse avec vue sur la tour Eiffel, pour illustrer une enquête sur les start-up françaises  » enfin prêtes à jouer dans la cour des grands « . L’image de la  » start-up nation  » sans la moindre femme! ».

Jusque-là, je ne suis pas surprise, juste agacée. C’est toujours désagréable de constater que certains médias font fi de la gente féminine qui œuvre autant que les hommes côté entreprenariat en France. Je comprends que cela a fait un tollé sur les réseaux sociaux côté organisations féministes et je trouve cela très bien. Il faut réagir dans ce genre de situation et lorsque j’ai vu la réaction initiée par Delphine Remy-Boutang, j’ai d’abord souri. L’article précise : […] en femme d’action, elle a organisé la riposte, non dépourvue d’humour: une photo de groupe en forme de manifeste, prise ce 4 septembre dans l’après-midi, pour laquelle treize créatrices de start-up ont répondu présentes. La consigne était de porter chemise blanche et jean comme ces Messieurs. Et comme eux, elles aussi ont été photographiées avec en arrière-plan la tour Eiffel, symbole de la capitale et de sa vitalité en matière de création d’entreprises.

Puis j’ai déchanté.

Fany Pechiodat, confondatrice de MyLittleParis, Eliette Vincent, fondatrice de Cocolis, Gaelle Frizon de Lamotte, fondatrice de OLY Be, Anna Stepanoff, CEO de WildCodeSchool, Philippine Dolbeau, fondatrice de NewSchool, Claude Terosier, fondatrice de Magic Makers, Marjolaine Grondin, CEO de Hellojam, Caroline Ramade, directrice de Paris Pionnières, Anne-Christelle Pérochon, CEO de BIM, Sergine Dupuy, co-fondatrice BeBoss, Isabelle Mashola, CEO Isahit, Marie Schneegans, founder Never Eat Alone, Fanny Bouton, spécialiste des nouvelles technologies, Delphine Remy-Boutang, fondatrice du JFD Connect club, de la Journée de la Femme Digitale et de l’agence digital the bureau.
(C) JFD CONNECT

Alors ok… Ce sont toutes des femmes… Mais pas de noires, ni d’asiatiques, d’indiennes, ni de maghrébines… Pas de diversité ? Et je me suis dit : c’est ça la riposte ? C’est à cela que ressemble les start-up françaises dirigées par des femmes.

Pourtant, je me suis rendue en mars dernier, à la journée de la femme digitale 2017, avec une de mes amies asiatiques, et nous avons été ravies des projets présentés, de la diversité des témoignages, de l’empowerment ambiant. Je me souviens du parcours exemplaire et atypique décrit lors de l’intervention de l’ancienne boxeuse Sarah Ourahmoune (voir la conférence). Après avoir été à plusieurs reprises championne de France, d’Europe et du monde. Elle a raccroché les gants et monté plusieurs entreprises autour de la boxe dont la start-up Jungle Fights pour développer des gants de boxe connectés à une application pour s’entraîner et participer à des combats virtuels.  Et je me suis sentie à l’aise en déambulant dans les couloirs de la Cité de la Mode et du Design où j’ai pu croiser des femmes (et quelques hommes) de toutes origines !

Alors peut-être que Delphine Remy Boutang n’a pas eu le temps de contacter des femmes entrepreneurs issues de la diversité ou qu’elle n’a pas eu de retour de leur part. Elle aurait pu contacter La French Tech Diversité qui vise à promouvoir la diversité sociale dans l’écosystème start-up français et permettre par exemple à Raodath Aminou, entrepreneure à l’origine de l’application anti-gaspillage 0ptimiam, de figurer sur la photo. Mais bon, toutes ces femmes étaient peut-être en vacances dans leur pays ??… J’espère que c’est ça, car cette photo que je trouve très blanche pourrait signifier que les start-uppeuses françaises qui comptent sont exclusivement blanches. Mais je suis peut-être juste parano !