A quelques jours de la sortie officielle de son sixième album intitulé “Here” Alicia Keys vient de surprendre son public en présentant au Festival du Film de Tribeca le documentaire “The Gospel”. Le film s’articule essentiellement autour de la relation entre les quartiers défavorisés et les forces de l’ordre

Le court-métrage d’environ 20 minutes d’Alicia Keys s’ouvre sur une conversation entre deux policiers patrouillant les rues de la ville de New York et les petits harcèlements exercés sans méchancetés sur les jeunes issus des minorités.

La ville de New York avec ses tours en béton, ses cages d’escaliers et ses “générations spontanées” du Bronx d’Harlem, du Queens ou encore de Brooklyn. La ville de New York  est le personnage central du mini film de la chanteuse.

Le premier chapitre de cet évangile urbain s’intitule « All God’s children » (tous des enfants de Dieu).  Et il offre l’image d’une police de proximité, partie prenante du quartier, le policier n’est plus cet inconnu, cet ennemi à qui l’on ne parle pas; le temps d’un chapitre il est un aîné proche du quartier.

La camera de A.V Rockwell s’arrête aussi sur les jeunes filles, ces reines qui doivent se battre pour exister  dans cet univers froid et rude. Ces fleurs du Ghetto qui d’où qu’elles viennent rêvent toutes de la même chose: vivre libre, être acceptée pour ce qu’elles sont, avec leurs différences. Et bien entendu trouver l’amour, le prince charmant.

Alicia Keys the gospel

L’amour est le thème du troisième chapitre « Youg Love » ; avec en filigrane l’idée qu’il est important de savoir le reconnaître; et ne pas se laisser berner par ces Princes de pacotille qui savent arborer les lumineux apparats de l’amour mais qui sont loin d’en être.

Le dernier chapitre « The Gift » est une ode à la vie; elle est ici envisagée comme une épreuve faite d’échecs de désillusions, de promesses brisées, d’actes manqués ; mais elle est aussi le plus grand don qui soit. Le film se ferme sur 28 Thousands Day, le titre de la chanteuse est un hymne à la vie qui doit être célébrée et non pas simplement vécue.

Notre avis :

Ce mini documentaire ne révolutionnera pas le monde du cinéma. Les leçons de vie y sont classiques, déjà entendues. Les personnages sont de véritables clichés ambulants ; comme ce Prince beau parleur tout droit sorti du livre des idées pré-conçues. Le film n’est donc pas un chef d’oeuvre d’originalité mais il a l’avantage d’exister. L’innocence de la narration y est à la fois une force et une faiblesse; ces bouts de vie sont présentées sans artifices, ils manquent certes de “pizzazz” mais ils transpirent une honnêteté rare dans l’univers clinquant du 7ème art américain.

The Gospel nous laisse entrevoir le désir d’Alicia Keys de renouer avec ses fans de « Song in A Minor » ; en s’attaquant au problème des brutalités policières et à la ville de New York. Ce n’est pas l’Alicia glamour de “Doesn’t mean anything” mais son alter ego urbain de “You Don’t Know my Name” dont les notes interpellent ces fans de la première heure.