« Est-ce que vous aimez le reggae français ? » Cette question que lance Taïro, lors de ses concerts, reçoit toujours une réponse enthousiaste du public. Il enfonce le clou aujourd’hui, avec son septième disque dont le titre sonne comme un manifeste : Reggae français. Tout sauf anodin chez un artiste dont les convictions humanistes sont à l’opposé des replis identitaires.

Taïro a trouvé, dans le reggae, le moyen de poursuivre le combat de son père qui, en raison de ses idées révolutionnaires, fut emprisonné pendant quatre ans au Maroc puis exilé à Paris. De sa mère, il a hérité le goût pour la langue française et la révélation de sa vocation en écoutant l’un de ses disques : Kaya de Bob Marley. Abonné des sound systems à la grande époque du ragga parisien, sa carrière a décollé quand Akhenaton l’a recruté pour la BO de Taxi 2.
Depuis, Taïro est l’un des fers de lance du reggae français qui mobilise un large public à l’écart des grands médias.

Trois ans après Ainsi soit-il, présenté sur la scène de l’Olympia, Taïro réunit le Family Band sur ce nouvel album. Dans un pays déchiré par les questions identitaires, il y affirme une relation apaisée à sa double culture, et alterne les textes engagés (« Changer » où il questionne nos responsabilités individuelles) ou plus légers (« Rdv » où il exalte le sentiment amoureux). Prénommé Ismaël, le chanteur avait 16 ans quand, en ouvrant un dictionnaire franco-anglais, il s’est choisi comme pseudo Taïro : l’apprenti. Toujours apprendre, voilà une belle philosophie de vie. Mais Taïro possède aussi, désormais, un savoir dont Reggae français est l’aboutissement.

Taïro