Depuis son indépendance en 2011, le Soudan du Sud, est la plus jeune nation au monde. Dès 2013 le pays est plongé dans une guerre civile, fratricide, une lutte de pouvoir accompagnée d’une rivalité ethnique entre le président actuel et son ancien vice président.  Aujourd’hui le peuple sud-soudanais souffre de la famine, loin des projecteurs des médias, la population se sent abandonnée.

En décembre 2013, débute dans le Soudan du sud une guerre civile particulièrement cinglante, entre partisans du président Salva Kirr et ceux du vice président Riek Machar.  Un conflit qui connaît un regain depuis juillet 2016. Malgré les cessez le feu répété, les tueries se poursuivent, les Nations unies parlent de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité. Une guerre qui a fait fuir près de 4 millions d’habitants dans les pays voisins.

Actuellement, 42 % de la population soit 4,9 millions de personnes ont besoin d’une aide alimentaire d’urgence. En dépit du fait que la sécheresse aggrave la situation, c’est d’abord l’extrême violence du conflit entre le pouvoir en place et l’opposition qui est à l’origine de cette famine. En effet le bétail est pillé, les récoltent sont détruites ou volées. Les Sud soudanais se cachent tant bien que mal dans des endroits où ils ne peuvent subvenir à leurs besoins primaires.

Le Soudan du sud, un pays oublié ?

Cette famine qui dévaste le pays ainsi que et les souffrances rencontrées par les Sud Soudanais sont très peu relatés dans les médias. La population se sent livrée à elle même et abandonnées.

Il apparaît que les médias rencontrent des grandes difficultés à se rendent sur place, très peu d’images du conflit ont pu être diffusées, notamment car les visas des journalistes sont difficilement accordés. L’ONU évoque « un génocide imminent ». Véritablement, le pays est dans une situation d’insécurité telle, que même le personnel humanitaire est menacé, plusieurs membres d’ONG y ont perdu la vie.

Certaines organisations des droits de l’homme tentent de recueillir des témoignages des violations graves et des atrocités commises par les deux camps sur la population.

Parmi les réfugies ils sont plus de 800 000 à avoir rejoint l’Ouganda, la frontière traversée certains ont pu relater les horreurs vécues dans leur pays. Massacres, enrôlement d’enfants soldats, viols de masse, tortures, esclavage sexuel…

Une lutte de pouvoir teintée de rivalité ethnique qui décime un peuple entier. Selon les analystes du pays, la famine n’est pas accidentelle, mais délibérée, le gouvernement se servant du blocus alimentaire comme arme de guerre. D’après l’ONU, la majorité des zones frappées par la famine soutiennent l’opposition.

L’Organisation des nations unies a évalué à 1,6 milliards de dollars les besoins de financement pour lutter contre la famine au Soudan du Sud. Les donateurs ont versé 439,8 millions de dollars, soit 27% de la somme nécessaire. Les appels aux dons sont plus que jamais primordiaux.