Ce mercredi 30 novembre les Nations Unis ont affirmés redouter de nouvelles violences au Congo RDC. En effet les tensions dans le Nord-Kivu, à l’est du pays ne cessent de s’accroitre. Il y a trois jours une attaque a causé la mort d’une trentaine de personnes.

Il s’agit pour la RDC d’un nouveau massacre à caractère ethnique, le bain de sang s’est effectué lors du déplacement d’un camp de Hutu du village de Luhanda par une milice nande dans le sud du territoire de Lubero, a relaté L’ONU. « Le village de Luhanga a été attaqué vers 5 h 00 du matin par des maï-maï Mazembe », a déclaré M. Bokele, a déclaré à l’AFP Joy Bokele, administrateur de ce territoire. « Ils ont commencé à attaquer la position des FARDC (l’armée congolaise). Pendant qu’ils attaquaient les FARDC, un autre groupe exécutait la population à l’arme blanche ou par balles », a-t-il ajouté. Les maï-maï Mazembe sont un groupe d’autodéfense  nande. Un des assaillants a pu être neutralisé, a encore rapporté M. Bokele.

Les violences entre ces peuples Nande et Kobo d’un coté et Hutu de l’autre ensanglantent le sud du territoire de Lubero et le nord du territoire de Walikale depuis environ un an. Cette guerre intercommunautaire a déjà fait 75 morts en 2016 et a conduit 100 000 personnes à fuir plusieurs villages de Lubero dont 6000 qui se sont réfugiés à Luhanga et ses alentours.

« La situation ne s’est toujours pas améliorée et de nouvelles violences inter communautaire sont à craindre dans les territoires de Rutshuru, de Walikale et de Lubero », dans le Nord-Kivu, écrit le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU (Ocha) en RDC dans un communiqué. ll est question de la tuerie la plus meurtrière depuis que ces heurts interethniques, liés surtout à des querelles foncières, frappent le centre-est de la province du Nord-Kivu, noyée sous la violence des conflits depuis plus de vingt ans.

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« Les personnes déplacées internes doivent être protégées contre toute attaque directe et indiscriminée ou tout acte de violence à leur égard ou dans leur camps ou lieu d’hébergement« , a ajouté l’ONU dans son communiqué

Pourquoi ce conflit ne cesse t-il pas ?

Les tensions résultent du fait que Nande et Kobo se considèrent propriétaire de ce territoire dont ils sont originaires et estiment que les Hutu n’ont pas leur place. Ils appellent ce peuple étrangers, et le soupçonne de collaborer avec les rebelles rwandais (FDLR) Forces démocratiques de libération du Rwanda, qui sont eux-même accusés d’atrocités et de nombreuses violations des droits de l’Homme sur les civils.

Le Centre d’étude pour la promotion de la paix, la démocratie et les droits de l’Homme (Cepadho), ONG basée dans le nord du Nord-Kivu, a affirmé disposer d’informations selon lesquelles. Les maï-maï Mazembe auraient proféré maintes fois des menaces contre les Hutu au cours de la semaine, leur demandant de vider le Sud-Lubero (ou) de s’exposer à l’épuration.

Considérant la gravité de la situation, le Cepadho appelle le gouvernement de Kinshasa et la Mission de l’ONU en RDC (Monusco) à une action urgente pour arrêter ces violences ethniques, disant craindre que celles-ci n’entraînent toute la province du Nord-Kivu dans un nouveau cycle infernal.