C’est suite  aux résultats controversés du testing gouvernemental sur les discriminations à l’embauche, que le magazine ALEEKA a lancé une discussion sur Facebook sur le thème de l’égalité des chances en France selon l’origine de son prénom. Grand bien lui en a fait, les échanges ont été variés et enrichissants. Au vu de la conjoncture actuelle (attentats, montée de la xénophobie…), on est à même de se demander ce que le Ministère du Travail espérait obtenir comme résultat…

Un testing a été lancé en avril dernier sous la forme d’une campagne d’envoi de faux CV auprès de 40 entreprises privées de plus de 1.000 salariés. Et, sur les 40 entreprises, un tiers a été identifié comme discriminant significativement les candidats d’origine maghrébine… Alors que devons-nous tirés de ces résultats ? Quelle attitude devons-nous adopter en tant que citoyen(ne)s français(e)s afro-descendant(e)s, caribéen(ne)s, ou autres, dans un tel contexte ?

Le sens de la formule

En surfant un peu sur le web, j’ai découvert les gros titres des médias ayant couvert l’information. Pour Libération :  un testing «accablant», pour LCI : les résultats alarmants du testing du gouvernement, pour la Tribune : Discriminations à l’embauche : un testing aux résultats accablants, pour France Inter :  Discriminations à l’embauche : les tristes résultats du testing », … Au final, je me dis que les médias ont été plutôt timides pour résumer l’affaire. Si j’avais été à la place des rédacteurs en chef, j’aurai autorisé des adjectifs plus forts et impactants tels que «  les résultats honteux/indignes/affligeants du testing gouvernemental», car, oui, je trouve affligeant (et cela n’engage que moi) qu’au 21e siècle au pays des droits de l’homme, ce genre de résultats soit possible. Je me prends à imaginer d’autres gros titres moins réalistes mais tellement plus rassurants : « discriminations à l’embauche : pratiques en voie de disparition » ou encore « Il n’y a plus de discrimination à l’embauche en France en 2016 »… Utopique ? Ok, mais ça fait du bien quand même de l’imaginer ! Ah et au passage, des mesures sont actuellement prises à l’encontre de la petite douzaine d’entreprises aux méthodes de recrutement douteuses. Elles ont été auditées par le ministère du Travail et ont jusqu’à la fin du mois de janvier prochain pour modifier leurs pratiques. Il paraîtrait même que le nom de ces entreprises « discriminantes » pourrait être révélé publiquement si elles ne jouaient pas le jeu. Mouais ! Il y a pire comme menace…

Je ne vous apprends rien, les discriminations à l’embauche ne concernent pas uniquement les noms d’origine maghrébine. Il existe d’autres discriminations à l’embauche liées par exemple à l’âge, la couleur de peau, le genre, le poids et j’en oublie… mais pour en revenir à la consonance des noms, il me semble que ces résultats reflètent la peur d’une population française secouée par des événements qui la dépassent. Cette peur s’immisce chaque jour un peu plus dans les têtes. Il n’est donc pas anormal que cela génère des comportements border-line de repli sur soi en signe de protection. Attention, je ne cautionne pas, je ne fais que constater.

competencesdabord

Et pourquoi ne pas transformer l’utopie en réalité ?

Sur la page Facebook ALEEKA, lors du débat du mercredi 14 décembre 2016, j’ai apprécié les témoignages de chacun. Les avis étaient variés et parfois poignants. Certains ont partagé leurs mécontentements, leurs vécus et leurs mauvaises expériences. Globalement tout le monde était indigné et a trouvés ces résultats pitoyables… Fort de ce constat, on pourrait se dire qu’il n’y a rien à dire de plus… Mais c’est faux. Il y a bien plus à dire… derrière l’injustice flagrante, des solutions ont été proposées car entendons-nous bien, aborder cette question de l’égalité des chances n’était pas destiné à représenter notre communauté comme simple victime du système. Car on le sait, on ne démarre pas tous dans la vie avec les mêmes avantages… D’ailleurs, certains partent souvent tout nu, sans aucun avantage ! Mais qu’à cela ne tienne, cela n’empêche pas d’avancer et d’atteindre ses objectifs mais en faisant toujours plus que les autres.

Donc, aborder « l’égalité des chances » sous la forme d’un débat, a permis selon moi d’échanger pour mieux comprendre ce qui n’allait pas et qui ne va toujours pas d’ailleurs. Et ce qui est ressorti de ces échanges ce sont des solutions. Comme par exemple, utiliser la connaissance comme outil de lutte. C’est également par la connaissance que ceux qui ont peur aujourd’hui n’auront plus peur demain. Alors n’hésitons plus à partager, échanger, et nous-même à apprendre à connaitre l’autre, celui que l’on définit chacun comme « étranger » à ce que nous sommes. Enrichissons-nous des cultures des autres. C’est tellement plus intéressant, me semble-t-il. Bon j’en fais peut-être un peu trop, avec mon discours « utopisto-reprenons-le-pouvoir-yes-we-can » mais au fond, c’est bien d’ouverture d’esprit et de tolérance dont je fais allusion.

Et plus sérieusement, je pense qu’il va nous falloir nous organiser et faire preuve d’ingéniosité pour ouvrir les chakras de celles et ceux qui ont peur. Et, en France, ça urge. Pour rappel, il y a une élection au mois de mai qui risque de faire grincer des dents, voire pire si nous ne faisons rien… donc commençons dès maintenant à réfléchir ensemble aux initiatives à mettre en place pour éradiquer « la peur de l’autre »… C’est une belle résolution pour la nouvelle année, non ?