Comme vous aurez pu le comprendre, il n’a jamais été question de faire un second article sur “les joies de l’enfantement ou pas…” Cependant, ayant été approché par plusieurs femmes afro-politaines qui s’y sont retrouvées, une suite de cet article  s’est ainsi imposée.

Il est vrai que ce thème est assez spécial tant il faut prendre en compte plusieurs aspects. Cependant nous avons fait le choix de faire ressortir les principales réflexions/attitudes qui à notre sens méritent d’être mises en lumière.

1- Péri…QUOI?

A la question de savoir à quel mot ou expression associe-t-on facilement l’accouchement, la douleur revient inévitablement. Ainsi qui donc pense accouchement fait obligatoirement, enfin dans 90% des cas, à la douleur .

C’est dans cette optique de diminuer de manière efficace la souffrance des femmes que La péridurale a été mise en place par le corps médical. Elle a été conçue à destination des futures mères qui vivent difficilement la douleur ou tout simplement à toutes celles qui ne veulent pas avoir mal . Eh oui, la péridurale est un droit et toute femme qui le désire peut demander à la recevoir, sauf contre-indications de son médecin traitant et de son gynécologue bien évidemment .

Cette anesthésie locale, réalisée par un médecin anesthésiste, permet ainsi de supprimer les douleurs causées par les contractions de l’utérus durant le travail et l’accouchement. il est important de se poser la question de savoir quelle est l’origine de cette conception selon laquelle accoucher sous péridurale, et donc sans douleur intense, est une preuve de faiblesse???

Il serait plutôt primordial de  faire avec la sensibilité de chaque femme, en fonction de son degré d’acceptation de la douleur. Chaque femme, chaque personne réagit différemment à la douleur, c’est une réalité.

Alors chères amies vous avez porté ou vous porterez la vie durant 09 mois. Vous êtes totalement en droit de vouloir vivre votre accouchement, la première rencontre avec votre mini-vous dans les conditions qui vous semblent adéquates et préférables. Les gens parleront mais personne ne vit votre douleur. Il serait temps d’apprendre davantage à penser à vous et non aux qu’en dira t-on!

Vive donc la péridurale, d’autant plus qu’elle est sans effet pour les enfants à naître!

2- L’allaitement infantile

De prime abord, les mères privilégient, pour la plupart, l’allaitement maternel dès les premiers mois. Cependant, certaines font le choix d’allaiter leurs enfants au lait infantile. Cette décision, mûrement réfléchie, a nécessairement été prise avec l’accord du pédiatre. Alors pourquoi ce jugement hâtif sur le mode d’allaitement que choisit une mère pour son enfant au point où elle se sent obligée de justifier son choix?

Il nous est arrivé d’assister à une discussion concernant une femme qui refusait d’allaiter naturellement pour des raisons d’esthétisme. Dire que sa décision nous a laissé insensibles serait mentir et cette réaction a été la même pour un certain nombre de personnes participant à cette discussion. Cependant, à bien y réfléchir…quelle mère prendrait des décisions qui n’iraient pas dans le sens de la santé de son enfant?

On ne naît pas mère, on le devient, cela s’apprend. Aussi les mères sont accompagnées dans cette aventure par le personnel médical afin de faire le bon choix pour l’alimentation de leurs enfants. Apprenons donc à entendre et à respecter le choix de ces dames sans être amenés à poser des questions à n’en point finir qui auraient pour finalité de les frustrer ou les mettre dans une situation inconfortable. Aimer ou apprécier une personne c’est aussi respecter ces choix, tâchons de ne pas l’oublier.

3- Chouchou…L’intouchable

Dans nos contrées, tout ce qui se rapporte aux enfants de la période de la grossesse jusqu’à l’éducation des enfants est apparemment l’apanage des femmes. Nous avons été éduqués ainsi et ce n’est pas demain que ces choses changeront. Sauf que de plus en plus les femmes sont instruites, occupent des postes qui peuvent avoir une influence considérable sur leur investissement dans leur foyer, dans leur rôle de mère. Malheureusement pour un homme on comprendra mais pour une femme on la jugera tout de suite, et ce sont pour la plupart ses congénères qui s’amusent à le faire.

Revenons à nos moutons.  Loin de nous l’idée d’incriminer qui que ce soit mais plutôt essayer de lever le voile sur ces attitudes à bannir de plus en plus dans nos couples et foyers.

En France, la durée maximale du congé de paternité est de 11 jours consécutifs pour la naissance d’un enfant et de 18 jours pour la naissance de 2 enfants et plus . Celui de la femme dépend aussi du nombre d’enfants avec une durée minimale de 16 semaines. Ces chiffres donnent à réfléchir. Serait-ce que dans nos mentalités l’homme a un rôle aussi secondaire dans cette période ce qui justifierait ce “petit” congé? Il sera assez difficile de pouvoir justifier la durée de ce congé d’autant plus que les hommes s’inscrivent de plus en plus dans la prise en charge de leurs nourrissons. Ce ne sont pas de simples aides mais ils y trouvent leur places de sort que certains décident de plus en plus à devenir des pères au foyer.

Cependant, bien qu’ils s’y intéressent de plus en plus, certaines choses demeurent dans leur comportement. Nous avons tous déjà entendu des phrases de ce type “le bébé pleure va t’en occuper ” ou “j’aide ma compagne quand elle est un peu fatiguée mais faut pas que cela devienne une habitude” ou enfin “tout ce qui concerne le bébé c’est ma femme qui s’en occupe”. Ce serait peut être pas mal de rappeler qu’un enfant se fait à deux et que ce n’est pas une faveur que les hommes font en s’occupant de leurs enfants, tout comme les femmes c’est leur devoir. Voir un homme s’occuper de son bébé n’est pas synonyme de “gbass” ou de “waké” ou encore de “maraboutage“. Il a tout compris lui et devrait être encouragé dans ce sens tant par la communauté que par les législations.

4- L’Éternelle insatisfaite…

Certaines femmes aussi exagèrent. Eh oui! On a parfois l’impression que le bébé, l’enfant est uniquement celui de la mère.  Cette situation est sûrement le fruit de l’éducation reçue (que nous ne remettons pas en cause) mais si nous voulons faire changer les choses que cela commence par notre comportement aussi.

Même étant fatiguée, il est assez difficile pour elles d’appeler Monsieur à l’aide et de se reposer. Le repos est important sinon il n’aurait pas été créé. Aussi être au bord du burn-out pour s’occuper de bébé alors que chouchou ne désire que prendre la main ne fait pas de vous une épouse ou compagne exemplaire. Il est important de partager les rôles dans nos foyers dès la base afin que cela deviennent une habitude et non pas une exception.

Des mères ont ainsi “la trouille” de laisser les enfants aux pères afin d’avoir une vie sociale, sortir avec leur copine, aller à des afterwork… Euh…? S’occuper d’un enfant s’apprend, cela n’est pas inné, du moins selon l’entendement scientifique. Si vous pouvez le faire, chouchou aussi peut et il ne demande que ça.

Dire demain “je ne dors pas à cause du bébé” ou “personne ne m’aide je me sens seule” est parfois trop facile lorsque vous avez délibérément fait le choix de montrer que vous pouvez tout faire seule. Apprenez progressivement à lâcher du leste…vous verrez le résultat.