Hier après avoir poussé ma gueulante que ce soit sur la toile après avoir terminé une chronique ou avec mes proches,  je suis allée relire mon premier article posté sur la toile, sur WordPress. Il portait sur le célibat de la femme africaine et la position de la société par rapport à ce fait.

Après des échanges parfois houleux avec les lecteurs, certaines questions me taraudent l’esprit. Je me remémore des événements récents et repense aux dates  censées être symboliques pour la femme africaine.

La femme africaine se targue aujourd’hui d’évoluer avec son temps, de  faire partie des principaux acteurs de cette société et d’être le socle de ladite société, comme l’on nous le serine depuis des siècles. Seulement, j’ai l’impression que nous, femmes, avons  pour habitude de déplacer les débats. Nous avons par l’ingéniosité qui nous caractérise,  d’aimer la politique de l’autruche et laisser des situations s’enliser.

J’ai choisi pour le 8 mars 2016, de célébrer la femme rwandaise, de célébrer le courage avec lequel elle s’est affirmée après la période tragique, après les turbulences traversées non seulement par le Rwanda mais l’humanité. C’est avec ferveur que j’ai fait l’apologie du courage, du déterminisme et la force avec laquelle, elle a plus que participé à la construction de son pays, sur le plan politique par sa présence massive au parlement, sur le plan économique en étant majoritairement dans l’entreprenariat ou encore sur le plan social, en prônant le pardon, favorisant ainsi la communion de tous et la reconstruction du tissu social. Des Esther MBABAZI, il y en a, mais elles sont  encore peu.

A contrario, force a été de constater que pour la majorité des femmes, le 8 mars était et est le symbole de la liberté de la femme, symbole de victoire sur l’homme. La femme s’oublie, sombre dans l’ivresse, a des comportements déviants, oubliant l’essentiel : ses droits et leur évolution.  Peu connaissent la genèse de cette date historique  ou son importance dans la vie d’une femme. Dans ces conditions, faire un bilan, un diagnostic et se fixer des objectifs, relèverait de l’extraordinaire.

Comme disent certains, les femmes demandent des droits mais n’en savent pratiquement rien. Les femmes demandent respect et considération, mais n’en connaissent pratiquement pas la définition.

Il serait idoine dans ces conditions, de penser à l’héritage que nous souhaitons léguer non seulement à la société entière mais et surtout, à nos filles, femmes de demain.

La femme a toujours occupé une place importante dans la société, que ce soit avant ou après l’ère du matriarcat, avant ou après l’apparition des religions dites importées. Le statut de la femme africaine est en perpétuelle mutation de par la tradition et la religion. La femme africaine qui est le socle de cette société, celle qui fait et éduque des hommes, avance selon des codes et des dictats qui ne vont pas toujours dans le sens de la justice et de l’équité.

Education de la femmeL’un des combats majeurs de la femme étant son instruction, car une femme instruite est une société qui respire.

Seulement, la femme se laisse car c’est le mot qui convient, les femmes pour la majorité ont eu la lumineuse idée  de déplacer le débat, de revoir leurs priorités en se justifiant avec la tradition et la religion, répétant comme par conditionnement que la soumission de la femme est  la condition sine qua none à son épanouissement, reflet de son succès et respect, en plus du diplôme le plus important, qu’elle puisse avoir, le mariage.

Femme-mariee

La femme africaine est prête à tout pour se marier, se rabaisser, fouler du pied ses principes et sa dignité afin d’exister par devers l’homme comme le veut et prône la société africaine. Le constat est des plus éloquents, une femme mariée est  la femme la plus respectée de toutes, le mieux serait d’avoir une femme répondant à des critères précis. Une bonne femme est celle-là qui, quel que soit son niveau d’études, sait se taire, supporter toutes les affres de la belle-famille et surtout de son Seigneur de mari. Une femme silencieuse et sachant sauver les apparences, malgré la souffrance psychologique ou physique, serait celle qu’il faudrait garder ; c’est elle, la gardienne des traditions et valeurs familiales. Une parfaite femme serait celle qui saurait adouber son mari infidèle, fermer les yeux, jouer le jeu et s’en prendre aux maîtresses, oubliant qu’elle est sa propre Némésis.

Il est affligeant de constater qu’elle a des armes et détient l’arme la plus efficace, lui permettant de faire évoluer les mentalités sans pour autant l’utiliser à bon escient : l’éducation.

Education des enfants

La femme a le pouvoir d’apprendre à la jeune fille à se respecter, ne pas douter d’elle et surtout, avoir confiance en ses capacités. La femme est la  seule à pouvoir apprendre aux jeunes filles, femmes de demain, que la liberté ne se donne pas mais s’arrache car une femme épanouie est un foyer en bonne santé.

La femme peut si elle le souhaite, apprendre à son fils, son jeune garçon à se respecter et respecter la jeune fille, la femme de demain, participant ainsi à la réduction des inégalités et  favorisant le bien-être de tous les genres.

Faire mention de la célébration de la femme est un doux euphémisme mais ironiquement, c’est l’être le plus incompris. Les devoirs de la femme s’en vont grandissant mais ses droits, non. La femme est l’être à qui l’on demande la perfection mais paradoxalement, « la plus martyrisée ». Elle est celle-là qui devrait savoir rester en retrait, devrait réfléchir avant de s’exprimer afin de ne pas froisser l’égo de son alter-ego.

Les traditions et les religions sont des paramètres importants, incontournables de l’état de la condition féminine. L’on se targue d’aider la femme à évoluer mais les inégalités tant au niveau salarial, des lois ou encore du social, sont criardes.

L’infidélité et dans le cas échéant, masculine devenue un sport voire une vérité empirique et savamment entretenue par les femmes, qui est un délit, est punie différemment selon les genres. Le cas du Cameroun où l’infidélité masculine n’est punie que si elle est entretenue ou encore constatée dans le foyer conjugal est  punie sous toutes les formes et sans condition, pour la femme…Hiérarchisation des sentiments ou de la douleur par genre ?

Le célibat ou le divorce des femmes, serait une tare pour la société africaine. Une femme décidant de ne vivre que pour elle-même, ses enfants ou pire, celle qui se permet de s‘acoquiner d’un plus jeune homme est taxée de cougar, maitresse ou femme à disposition…Evolution des mœurs ou régression par genre ?

La représentation des femmes sur le plan politique, économique, social voire international est effective mais timide. Les femmes auraient-elles peur de s’affirmer, de montrer ce qu’elles valent ou ont-elles besoin du quitus de l’homme ou la société pour exister ?

Femmes africaines en politique

Qui, mieux qu’une femme pourrait s’exprimer au nom des femmes ? Les combats changent ainsi que le cheval de bataille à chaque ère, au même titre que la moralité. Le respect des femmes et la considération qui leur sont dus, sont des objectifs qu’elles ne pourront atteindre que si elles s’instruisent, apprennent à compter sur elles-mêmes avant de tendre la main vers l’autre.

La décrépitude morale caractérisant les nouvelles générations ne sont pas seulement une épine dans le pied des femmes actuelles mais aussi, celles des générations futures. C’est à nous, femmes, mères et épouses de changer la donne. Le respect des droits des femmes qui ne sont pas une faveur ou une lutte revancharde voire pire, le reflet d’un féminisme calqué sur l’occidental, devraient être compris par les femmes comme étant un moteur de leur bien-être et leur développement. Exister oui, mais d’abord pour soi…Etre respectée par tous quel qu’en soit le critère et l’angle d’approche, arrêter de louvoyer et se fourvoyer ou tout simplement… apprendre à s’aimer.

Ce texte est des plus féministes ou encore, l’auteure s’est faite un devoir de faire feu de tout bois, penseront certains. Non, l’on peut me coller l’étiquette de féministe mais je ne suis pour autant pas partisane du féminisme aveugle ; je fais allusion au féminisme occidental  transposé sans adaptation préalable à la société africaine. Il serait toute raison gardée, nécessaire d’en voir les limites et ses avantages.

Non, penser que je suis contre le sacrement du mariage ou contre tout ce qui a trait à la tradition, serait faire abstraction de mes origines. Certaines femmes et malheureusement, une minorité et de surcroit, mariées ont su prendre position, savent se faire respecter et atteindre des objectifs fixés. Elles ont su se construire avant d’avoir un nom d’emprunt, se faire entendre, se distinguer par leurs réalisations avant de sauter le pas, car leur conjoint ne serait que la cerise sur la gâteau. Une femme qui s’exprime ne le fait pas toujours  par des discours obséquieux ou grandiloquents. Dire ce que l’on pense n’est pas une faveur mais un droit tout comme la pensée qui est intrinsèque. Tout  comme l’immensité qu’est la mer, les femmes sont uniques mais ensemble, sont une force.

 

Soyons actrices et non spectatrices car in fine, il est question de notre destin.

Moi, femme, je suis ma Némésis…Ad hominem !