Les femmes, actrices essentielles et indispensables de toutes les sociétés ont toujours occupé une place dans lesdites sociétés quelle qu’en soit la localisation géographique. La femme dans la société africaine a toujours été la pierre angulaire, reconnue ou non, à sa juste valeur. Sa place et son rôle, ont  connu des modifications au cours des ères, femme forte et indépendante à l’ère du matriarcat, femme soumise  condamnée à régresser  avec l’arrivée de la religion et l’influence des traditions,  femme perdue revendiquant  son africanité malgré le fait de se retrouver à la croisée des chemins entre modernité et traditionalisme.

La femme africaine comme toutes ses consœurs dans le monde, a toujours eu à se battre pour sa liberté, le respect des droits de sa liberté, le droit de penser, le droit de s’épanouir  et pour ce faire, a au fil du temps, montrer sa volonté à s’impliquer dans l’évolution de la société quel qu’en soit le plan, endossant ainsi en plus de la casquette de fonctionnaire, matriarche et femme, celle de la mère et l’épouse.

Femme africaine, traditions et religions…

Les femmes africaines, mères et souvent très jeunes, font aujourd’hui face à des situations complexes, ne visant pas toujours leur épanouissement. Contrainte d’accepter et de parfois subir la tradition et les religions, la femme africaine a été obligée d’assimiler certaines vérités empiriques, faisant parfois des choix cornéliens afin de se fondre dans la société. Le mariage, sacrement selon les religions dites importées (ce qui est encore à prouver), union et maintien du lien filial entre les tribus ou les communautés selon la tradition, devient souvent un cadre nocif   pour la femme, qu’elle soit mariée ou non.

Pour une meilleure compréhension ou une lecture de cet article, il serait idoine de rappeler qu’en Afrique, le mariage traditionnel a toujours eu plus de valeur que le mariage civil ou encore, le mariage à l’église. Raison pour laquelle dans certaines communautés ou sociétés, passer devant le maire n’est pas indispensable ou  prisé. Porter ou non, le nom de son mari n’est pas si important car au final, la femme est mariée, unie à son homme et n’appartient plus qu’à la famille de son époux. La dot qui à l’origine était symbolique, outre l’aspect financier détermine dans certains cas, le statut de la femme. Une femme vivant en couple et ayant des enfants avec celui-ci, si elle n’a pas été dotée et mariée traditionnellement, appartient encore à sa famille et en cas de décès, sa dépouille reviendrait obligatoirement à ses parents.

Les femmes africaines pour la majorité, cultivées ou non et quel qu’en soit le milieu social, sont obligées  pour être respectées dans la société même si elles sont des figures de proue et des modèles pour les plus jeunes et les générations suivantes, d’avoir un époux et/ou porter le nom de leur mari ; c’est dans ce contexte que le mariage devient le diplôme le plus important de la femme africaine. Les femmes souhaitant garder leur statut d’épouse, espérant toujours être respectées, sont parfois contraintes à subir et faire des choix n’honorant en rien leur engagement envers ladite société.

Vers un suicide social…

La violence conjugale faite aux femmes qu’elle soit psychologique ou physique, parfois avec la complicité des proches, amis, voisins et surtout de la famille, prônant la conservation parfois « jusqu’au-boutiste » du modèle familial parfois au détriment du bien-être de la femme, impacte sur tous les acteurs du foyer à savoir, la femme, les enfants et l’instigateur qui n’est autre que le mari.

Les femmes  supportent les coups et manipulations psychologiques de ceux ayant juré de les protéger,  pour diverses raisons à savoir :

  • la peur de recommencer (il est courant de s’entendre dire que dans la société africaine, les catherinettes ne sont pas aussi attrayantes que leurs consœurs plus jeunes),
  • la peur de la solitude, peur de se retrouver seule alors que l’on a passé 5, 10 voire 15 ou 20 ans auprès d’un homme,
  • la peur du regard des autres (divorcer quel qu’en soit la raison évoquée est un échec, la femme africaine est souvent tenue pour responsable de l’échec dans un foyer),
  • la peur d’être considérée comme une femme à disposition (les femmes seules avec enfants, divorcées ou veuves, sont souvent considérées comme des viviers pour mâles en quête d’une sexualité débridée),
  • la peur de l’isolement (outre le fait d’être la risée de la société, les femmes seules sont parfois privées des avantages ayant trait au travail alors qu’elles sont compétentes).

La femme « mariée », subissant la violence psychologique et/ou physique, parfois conditionnée de par sa culture dès son enfance, a  tendance à laisser couler, acceptant d’être martyrisée devant ses enfants.

Les parents…

Les parents sont des modèles pour les enfants, ce sont eux qui montrent l’exemple à suivre. La maman, personnage jouant un rôle important dans l’éducation de l’enfant, est diminuée, ridiculisée, battue parfois jusqu’au sang devant celui-ci. Pourrait-elle remplir convenablement son rôle ou sa fonction ? Selon les experts  de la santé mentale, les psychologues et les spécialistes de la petite enfance, la violence sur la maman rejaillit toujours sur les enfants, qui sont et seront toujours des acteurs passifs. Le schéma familial et la perception de « l’autre », du  « moi » et de ce fait, du couple, en sont modifiés.

Violence conjugale

L’impact sur la femme et l’homme en devenir…

Pour les garçons, un homme est celui qui sait « dresser »  sa femme, se fait respecter par la violence, ne donnant pas la possibilité à l’autre de s’exprimer. Il copiera forcément de son père. Ou bien l’homme en devenir dira non et ne voudra en rien ressembler à son père. Celui-ci cristallisant le mal à l’état pur. Pour les femmes, une femme heureuse et forte, est celle dont l’amour est manifesté par la violence physique ou psychologique. Celle-là qui sait supporter et est honorée par la société car ayant supporté tous les caprices, justifiant ainsi son statut de « reine » ; ou elles auront du mal à laisser la gente masculine les approcher car traumatisées psychologiquement, auront du mal à trouver leurs marques dans cette société et seront à jamais des handicapées de l’amour Une partie d’entre elles se tourneront résolument vers la douceur ne souhaitant pas perpétuer le modèle familial. Dans tous les cas, que ce soit du jeune garçon ou de la jeune fille, le traumatisme est grand, les blessures profondes et les traces indélébiles ; les enfants ayant été les témoins des violences faites sur leur maman sont souvent des mal-aimés, traumatisée, des handicapés de l’amour, des personnes qui voudront se prouver le restant de leur vie qu’ils peuvent faire mieux, vivant avec la hantise de faire comme leur père.

Les femmes qui se battent pour le bien-être de leurs enfants ou pour le maintien d’un foyer illusoire, ne se rendent pas compte des dommages causés sur leurs rejetons et confèrent le statut de « dégâts collatéraux » à ceux-ci. Les femmes privent ainsi les enfants d’une enfance car ceux-ci au vu de la situation, sont projetés plutôt dans le monde adulte et obligés de prendre position, même si silencieusement.

Des chiffres, un constat…

Selon l’OMS, la prévalence des femmes battues serait de 35% donc 1 femme sur 3, serait exposée à la violence quelle qu’en soit la nature. La violence  faite aux femmes dans le monde, tabou pour certaines sociétés, prend de l’ampleur et mute, prenant diverses formes à savoir le viol psychologique et le viol sexuel, que la femme soit mariée ou non. De 2010 à 2015, sur un panel de 223 000 femmes de 80 pays, 70 % des femmes déclarent avoir été exposées à de la violence de la part de leur conjoint, c’est encore trop.  134, serait le chiffre selon l’OMS, le nombre de femmes mortes en 2014 sous les coups de leur conjoint. Combien sont mortes sous les coups du conjoint et devant les enfants ? Combien d’orphelins et d’enfants, survivront à vie au lieu de vivre ? Combien seront privés d’une enfance normale ?