La femme rwandaise, matrice par essence a toujours occupé une place prépondérante dans la société humaine, assurant plusieurs fonctions ou jouant divers rôles dans la société et le cas échéant, la société africaine.

Sur le plan économique, elle a souvent été celle qui s’occupait des travaux champêtres, celle qui aidait son mari dans les marchés en plus des autres casquettes.
Sur le plan social, la femme est le socle de la société car c’est elle qui la porte et veille à la construction des Hommes, c’est elle qui veille à la bonne tenue du foyer et s’occupe de tous, faisant passer son bien-être après celui des autres. C’est encore la femme qui assure la pérennité de l’espèce.
La femme a toujours été une source de valorisation pour l’homme. Aux temps anciens, le prestige d’un homme se mesurait en plus des biens qu’il possédait, au nombre de femmes qu’il avait dans son harem.
La femme assurait la paix, la cohésion familiale et la liaison entre des familles voire des clans ; des alliances ayant des buts précis étaient parfois scellées.
Sur le plan politique des femmes fortes se sont illustrées par leur bravoure, leur capacité à influer sur l’avenir d’autres femmes, des peuples et se sont érigées en modèles à l’instar des femmes fortes et reines d’Afrique, marquant ainsi l’ère du matriarcat.
Avec l’arrivée des religions dites importées (et leur impact au détriment des religions endogènes) en plus des coutumes, la place de que la femme dans certaines contrées commença à changer, voire régresser ainsi que ses droits.
Grâce à l’ouverture au monde extérieur, à l’occident, les femmes ont de plus en plus le courage de revendiquer leurs droits pendant que leurs devoirs s’en vont crescendo. L’instruction qui est normale pour les hommes devient un, luxe et la valorisation de la femme se limite à celle de celle qui procrée et s’occupe du foyer. La femme a besoin du quitus de l’Homme pour les besoins les plus basiques tel que voyager ou travailler, elle ne peut prétendre à hériter de son père ou de son mari sauf si elle est nommément couchée dans le testament, les procédures notariales et légataires étant encore tabous en Afrique.
Les femmes Rwandaises et par ricochet la société Rwandaise dont son système est basé sur celui des autres sociétés africaines n’a pas échappé à cette nouvelle ère et ce jusqu’au génocide Rwandais.
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Les femmes qui comme les enfants, sont toujours en première ligne et constituent les dégâts collatéraux, des victimes de guerre voire des trophées. Selon l’ONU, 250 à 500 000 femmes ont été violées et massacrées ; ce sont là des chiffres officiels, des estimations.
Au cours de la période des 100 jours au Rwanda, 1 000 000 de personnes furent massacrées, selon les chiffres officiels. Des femmes, des autorités pour certaines, s’assurèrent de rassembler, faire rassembler hommes, femmes et enfants dans des endroits publics comme les stades afin de faire violer les femmes, jeunes filles puis les faire massacrer devant leur conjoint. Homo Homini Lupus est, ou encore, l’Homme est un loup pour L’Homme. C’est ici que cette expression prend tout son sens.
Des femmes appartenant à la « Bonne » tribu et mariées avec des mâles de la tribu « Chassée », perdirent, virent mourir leur époux et enfants, elles assistèrent au massacre de leur famille par leur frères de « sang », conséquence direct du respect de deux des 10 commandements Bahutu. Appartenir à la bonne tribu devint un passe-droit pour la vie tandis que les autres étaient violées dans la rue, des camps, devenant des objets sexuels dans de multiples camps avant d’être massacrées.
Le concept de « race » couplé à la théorie hamitique devinrent sans contexte des fondements de l’idéologie de ce crime contre l’Humanité, Abissynie cristallisant ainsi la non-appartenance au pays.
Le SIDA devint une arme de guerre, des malades furent sortis des hôpitaux et libérés dans la nature afin de s’attaquer à celles qui représentaient l’inaccessible et le prestige.
A la fin du génocide, le Rwanda panse ses plaies, l’heure du bilan est venue. Les fautes, des crimes ont été commis, les responsables doivent être désignés et les coupables punis malgré le pardon, grandeur d’âme et élévation de l’Homme.
Les statistiques sont claires voire alarmantes :
  • 3 % de la population carcérale est constituée de femmes soit environs 1200 femmes.
  • 70 % de la population est constituée de femmes
Les femmes se doivent de non plus être spectatrices de leur destin mais actrices de leur avenir, le devenir de la société dépendent d’elles. L’on assiste à l’explosion et la naissance des organisations féminines, des coopératives et des associations professionnelles et dont, la création de réseaux socioprofessionnelles.
Des aides spécifiques sont mises en place en vue de favoriser entrepreneuriat grâce à la mise en place des FET (Femme En Transition) en partenariat avec le MIGEFASO :
  • Des aides pour les réfugiés
  • Des aides agricoles
  • facilitation des microcrédits
La société évolue à grands pas, le changement tant attendu est amorcé car 40 % des Rwandaises deviennent des chefs d’entreprise ou possèdent des exploitations : l’ère du renouveau et un nouveau souffle pour l’économie.
Sur le plan politique, les femmes occupent de plus en plus la scène et vont se distinguer en établissant un nouveau record, celui de la plus grande représentativité des femmes au parlement. Elles battent le record détenu jusqu’en 2005 par le Mozambique, l’Afrique Du Sud, le Burundi et la Tanzanie ; ledit record étant de 15%.
VALENTINE RUGWABIZA
Jusqu’en Octobre 2013, les femmes représentaient 56,3% des membres de la chambre basse.
De nombreuses réformes sont entreprises par le gouvernement sous la pression des femmes à l’instar du projet d’amendement du code civil permettant enfin aux femmes d’hériter ou posséder des biens ; sous l’égide d’une commission travaillant en étroite collaboration avec le gouvernement Rwandais.
Sur le plan social, le féminisme déjà existant, devient accrue et les femmes en profitent pour s’affirmer et permettre la progression de leurs droits. De nouveaux modèles familiaux sont ainsi acceptés et le tissu social est affermi. Le gouvernement au travers d’une série de lois visant la parité, assoit mieux la place des femmes en 2003.
Sur le plan sécuritaire, la femme rwandaise est présente comme partout ailleurs, elle fait montre de pugnacité, d’abnégation et d’une force à la mesure de son dévouement envers sa patrie et la société entière.
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Le pardon devient un credo pour cette société qui n’est qu’aux balbutiements de son développement, cette société qui doit faire face aux défis de la mondialisation et d’une union nationale. Le génocide, elle en fait une force…Plus jamais ça !
Au vue de ce qui a été sus-cité, il serait facile de penser que la femme est en pleine possession de tous ses droits mais que nenni ! Les femmes doivent encore se battre mais ont déjà réussi le plus difficile : prouver qu’elles sont capables de réfléchir, de se débrouiller et surtout d’être autonomes.
Jouir de ses droits ou les voir respecter n’est en rien une faveur ou un recours gracieux que l’on concède à la femme mais la loi de la nature, ce qui devrait être.
Je vous présenterai une femme Rwandaise, une femme qui saurait inspirer bien des générations.