Ah la grossesse!!! Ce moment unique que vit la future mère, sa famille et son entourage n’est que pur moment de bonheur. En effet, à l’annonce de cet heureux événement, la joie envahit inévitablement tant la personne qui reçoit l’information que celle qui s’apprête à devenir maman.

Et voilà… Le petit ange est né, faisant la joie de sa mère et de son entourage. Mais cette joie n’est que la partie immergée de l’iceberg, du moins selon notre entendement car la grossesse puis l’accouchement riment très souvent, pour la mère, avec montée d’hormones, de désirs et de frustrations en tout genre…

La femme afropolitaine, pour parler de ce que nous savons, est vraiment sujet à une pléthore de réflexions ou de tabous sur cette période magique, qu’il était utile de faire ressortir afin de pouvoir, à notre humble niveau, faire changer les mentalités et aider les futures mères à mieux vivre cette bénédiction

1- Par césarienne, tu accoucheras…

Eh oui, les femmes ACCOUCHENT par césarienne. Cela semble évident pour vous mais savez-vous qu’il existe encore des personnes qui pensent que la césarienne n’est pas un véritable accouchement?  « Les femmes qui ont subi des césariennes n’ont pas connu ce qu’est le véritable accouchement » ou « Tu as subi une césarienne? Je te pensais assez courageuse pour accoucher par voie basse… » Comment dire… Nous sommes en 2017 et ce genre de conception persiste encore. Il est étonnant de constater que les femmes sont les plus promptes à sortir ce genre d’inepties que les hommes.

Il est de notre devoir de ne pas laisser ces personnes dans l’ignorance. Alors pour tous ceux qui ont eu, un jour, ce genre de réflexion, on va parler césarienne.

Tout d’abord, une future mère ne choisit pas elle-même d’accoucher par césarienne. Elle le fait sur avis médical et ce pour préserver la vie et la santé de son enfant et la sienne. Il est assez rare de rencontrer des mères qui ne désirent qu’accoucher par césarienne. Cette opération décidée par le corps médical qui la suit durant sa grossesse génère une frustration dans la mesure où nos sociétés ne conçoivent l’accouchement que par voie basse et penser que l’on subira une opération serait « contredire la règle ». Elle doit donc l’accepter et se dire qu’il en va de la vie de son enfant et de la sienne.

Qui dit donc opération dit déchirure. A la suite de cette opération, elle sera recousue, évidemment, et recevra des soins ponctuels afin que les tissus cicatrisent totalement. Ce qui veut dire qu’elle doit gérer sa blessure et son enfant qui vient de naître.  Jongler entre pleurs, faims, manque de sommeil et blessure à soigner, manque de courage vous dites? Ignorance plutôt …Oust donc la perception que la césarienne serait une solution de facilité.

Aussi, l’accouchement par césarienne n’est pas une fin en soi. Il est tout à fait possible d’accoucher par voie basse pour une seconde grossesse à la suite d’une césarienne, sous certaines conditions bien entendu. Cependant certaines femmes, ayant des bassins étroits, ne peuvent accoucher qu’ainsi.  Le mode de l’accouchement est uniquement déterminé dans le but de préserver la santé de la mère et de l’enfant.

2- Allaitement maternel exclusif, tu feras…

Dans nos sociétés, cela semble évident que la mère optera pour l’allaitement au sein, et penser allaitement au biberon avant 6 mois est une aberration. Il faut aussi dire que le personnel médical préconise l’allaitement maternel jusqu’à 6 mois car il protège l’enfant des maladies. Cependant, certaines femmes n’ont pas la chance d’avoir une production de lait suffisante pour pouvoir allaiter leur enfant au sein. Ce sujet est assez tabou.

Tabou dans la mesure où il apparaît inconcevable que les mères ne puissent produire de lait riche, et donc ces dernières, par honte et par peur du mépris préfèrent se taire et chercher toute seule le plus souvent des astuces pour pouvoir accroître leur production de lait. Des astuces, allant de la bouillie de riz, à la bière chaude en passant par les cacahuètes fraîches. Certaines ont tout tenté et n’ont cependant obtenu aucun résultat, ce qui les poussent inévitablement à recourir à l’allaitement mixte assez tôt pour pouvoir nourrir leur enfant. A l’impossible nul n’es tenu ma belle!

Chères mères, ce problème d’allaitement est assez fréquent bien que personne n’en parle, dommage n’est-ce pas!

VOUS êtes de bonnes mères! L’allaitement mixte n’est pas synonyme de maltraitance. La preuve, vous avez tout essayé mais la réalité ne vous a pas été favorable. N’est-ce pas une preuve d’amour que d’avoir tout tenté? Aussi entre prouver à votre entourage que vous suivez la présupposée règle de l’allaitement maternel exclusif au détriment de la santé de votre enfant et trouver des moyens de le nourrir afin qu’il soit en bonne santé et grandisse bien, le choix devrait être tout fait non?

Chers tous, il faut savoir user de tact pour aborder ce genre de sujet. Lorsqu’une mère nous interroge pour avoir des astuces afin de pouvoir allaiter correctement son enfant, pas besoin de paraître surpris et de rentrer dans la condescendance. Sa susceptibilité est à son paroxysme pendant et après l’accouchement, il faut donc le prendre en compte. Surtout qu’elle fait déjà un effort surhumain pour pouvoir en discuter. Apprenons à nous mettre quelque fois à la place des autres avant de parler, surtout sur ce genre de sujet.

3- Petit coup de gueule nécessaire

La communauté noire et ses tabous… La grossesse est tellement un événement attendu par tous dans la vie d’une femme que l’entourer de tabous ne fait que le ternir. Tout d’abord la sexualité est un sujet que nous abordons difficilement et donc naturellement tout ce qui s’y rattache s’inscrit dans cette logique. Comment faire évoluer nos mentalités si nous ne savons pas aborder des sujets aussi importants, tout en sachant les circonscrire? Apprendre à une femme que durant sa grossesse, sa libido peut être en hausse ou carrément en baisse constitue-t-il une intrusion dans sa vie privée? Informer les futures mères que l’allaitement maternel exclusif est l’idéal mais qu’elles sont susceptibles de rencontrer des difficultés, qui n’enlèvent rien à leur qualité de bonne mère, est-il aussi difficile à faire?

Aussi il serait plus sage et plus efficace, à notre avis, de prévenir plutôt que de se sentir impuissant devant le mal-être de ces mères de ne pas pouvoir répondre naturellement aux besoins nutritifs de leurs enfants. Éduquons nos filles, nos sœurs, nos amies à devenir des mères parce que nous ne naissons pas maman, nous le devenons.  L’accouchement est fait de réalité, acceptons-les et parlons-en.