Il est grand, il est séduisant et il est mannequin. A 16 ans, le jeune Han Hyun-Min est une figure montante de l’univers du modelling et de la mode en Corée du Sud. Sa particularité ? Il est métis nigérian-sud-coréen.

La Corée du Sud est reconnue pour ses avancées technologiques, toujours à la pointe des dernières tendances. Sa culture musicale s’exporte également très bien, comme la K-Pop, un genre musical coloré et dynamique qui conquit les jeunes américains et européens depuis plusieurs années.

L’on aurait pu croire que ces avancées culturelles et technologiques auraient conduit à une certaine ouverture d’esprit dans le pays, mais force est de constater que le chemin est encore rude pour les étrangers, notamment pour les rares personnes noires présentes sur le territoire, encore victimes de racisme de la part des Coréens.

Han Hyun Min défilé podium Aleeka

Han Hyun-Min lors du défilé Münn, collection Printemps – Eté 2017

Sujet aux moqueries et aux insultes racistes depuis sa jeunesse, parfois même surnommé de “bâtard”, car considéré comme un intrus parmi la société coréenne du fait de son métissage, le jeune Han Hyun-Min n’a pas connu une jeunesse forcément facile. Né d’un père Nigérian et d’une mère sud-coréenne, il puise aujourd’hui sa force au sein de l’univers du mannequinat, qui lui a permis de gagner en confiance en soi.

Premier mannequin noir sud-coréen à défiler sur les podiums et faire la couverture de magazines, il est découvert à l’âge de 14 ans par Youn Bum, un chasseur de têtes, qui est aujourd’hui son manager. C’est à la suite de photos postées sur les réseaux sociaux et d’auditions passées que Han Hyun-Min se fait remarquer.

Le jeune homme a depuis foulé le podium d’une trentaine de défilés lors de deux Fashion Weeks à Séoul.

Dans un entretien accordé à l’AFP (vidéo ci-dessous), il affirme ainsi : “Au début je ne supportais pas le regard des gens, je ne voulais pas sortir du lot. Mais après avoir commencé à travailler, j’ai commencé à avoir confiance en moi et j’ai pu supporter de nombreux problèmes. Pour l’instant, je ne veux rien faire d’autre. Je donne le meilleur de moi-même à chaque séance photo, comme si c’était la dernière.”

“Recruter le jeune homme était un véritable challenge“, comme le conçoit Youn Bum : “Ces derniers temps, lorsque l’on approchait les magazines en vue d’une collaboration, les managers nous faisaient explicitement comprendre qu’ils ne voulaient pas de “gens de couleur” ou ne souhaitaient pas travailler avec des noirs.”

Être métis ou étranger en Corée n’est pas une mince affaire aujourd’hui. Une enquête menée par le gouvernement coréen révèle ainsi que 25% de la population Coréene ne veut pas d’étranger(e) comme voisin(e). Le métissage n’est pas légion dans le pays, qui compte 96% de Coréens.

Selon le site japantimes.co.jp, la plupart des étrangers en Corée du Sud proviennent de Chine et d’autres pays d’Asie du Sud-Est. Ce sont généralement des travailleurs, ou des femmes que les Sud-Coréens prennent pour épouses, faute d’avoir trouvé une conjointe souhaitant s’installer à la campagne avec eux.

L’histoire d’Han Hyun-Min n’est pas sans rappeler celle des mannequins Ariana Miyamoto et Priyanka Yoshikawa, respectivement élues Miss Japon 2015 et Miss Japon 2016. Les sociétés coréennes et japonaises semblent toujours avoir du mal à intégrer les métis comme une partie intégrante de leur communauté.

Ariana Miyamoto Aleeka

Ariana Miyamoto, métisse afro-japonaise, élue Miss Japon 2015

Ariana Miyamoto est la première métisse de l’histoire à avoir été élue Miss Japon. Née d’un père Afro-américain et d’une mère Japonaise, son élection a été vivement critiquée par une partie de la population locale. Traitée d’intrus ou de “hafu” (une “demi-japonaise”), la jeune femme espérait gagner en considération et offrir une ouverture et exposition sur le métissage existant au Japon et notamment sur la situation des métis du pays.

Pourtant, l’élection de Priyanka Yoshikawa en 2016 a également fait polémique. Née d’un père Indien du Bengale et d’une mère Japonaise, la jeune femme a également été la cible d’attaques racistes de la part de certains internautes japonais, qui regrettaient qu’une “vraie Japonaise de souche” n’ait pas été élue.

Priyanka Yoshikawa Aleeka

Priyanka Yoshikawa, métisse indienne et japonaise, élue Miss Japon 2016

 

Dans tous les cas, les débuts semblent prometteurs pour le jeune Han Hyun-Min. Son physique “atypique” pour les standards de beauté sud-coréens et son exposition médiatique lui valent aujourd’hui de se faire un nom à l’international. Les personnes étrangères sont de moins en moins invisibles en Corée du Sud et semblent se faire peu à peu une place. Cependant, force est de constater que ce cette timide diversité présente des limites : la majorité des étrangers présents sont de type caucasien.

Vous pouvez suivre l’acutalité d’Han Hyun-Min sur sa page Instagram.

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