L’Afrique continue à faire les gros titres, corruption, guerres, malnutrition mais surtout la pauvreté à laquelle elle est confrontée. Les jeunes sont des victimes collatérales de ce fléau, entraînant la hausse de l’analphabétisme, du chômage et le manque d’instruction. Les grossesses précoces font partie de ces fléaux auxquels sont confrontés les jeunes. Chez les 11 à 19 ans, ce phénomène dérange et sans faire de bruit, avance sournoisement dans la liste des méfaits que connaît l’Afrique.

Dans beaucoup de familles, le phénomène fille mère existe. Une situation devenue, avec les décennies, banale qui prend toujours de l’ampleur sur le continent. Selon un dernier rapport publié le 30 décembre 2015, quelque 18 pays africains figuraient sur une liste des Nations Unies (ONU) de 20 pays où le taux de  grossesses des adolescentes est le plus élevé au monde. Pour les-dits pays, le Niger, le Mali, l’Angola, la Cote d’Ivoire, le Malawi,… les mariages précoces d’adolescentes sont la principale cause de grossesses ultérieures chez les adolescentes. Mais qu’en est-il vraiment ?

Un contexte social

La famille et l’école

Pour certaines jeunes confrontées à cette situation leur réponse était plus qu’équivoque. Peu d’entre elles connaissent ou ont eu une éducation sexuelle. Savoir calculer son cycle menstruel, parler de sexualité comme un point éducatif, aborder le sujet des maladies sexuellement transmissibles… Sujets tabous dans certaines familles, l’éducation sexuelle n’a pas lieu, laissant ces jeunes livrés à eux et hagards devant ces situations.

La prostitution reste un drame social et économique

La  prostitution est le triste recours que peuvent avoir certains jeunes pour subvenir à leurs besoins et ceux de la famille. Drame social et problème sanitaire, cette pandémie se répand telle la peste dans les capitales africaines. La recherche du gain économique facile, la pauvreté, et bien d’autres facteurs engendrent une croissance non négligeable de ce phénomène.

Appelé « mbaraan » au Sénégal, ou le « bizi » en Côte d’Ivoire, la prostitution des jeunes entre 13 et 18 ans côtoie le quotidien de bons nombre d’entre eux. Pratiquée dans le but d’arrondir ses fins de mois ou d’accéder à un niveau de vie supérieure, cette phase sournoise de la prostitution a trouvé sa place au sein d’un public jeune et souvent mal informé sur les maladies transmissibles qui font d’eux les premières victimes.

La guerre et ses victimes 

La guerre en particulier ajoute aux taux de grossesse chez les adolescentes en raison de la triste réalité des soldats envahisseurs qui violent les femmes locales.

A la recherche de solutions

Certains pays comme  l’Afrique du Sud envisagent actuellement des politiques visant à introduire une contraception à long terme chez les adolescents en âge scolaire comme moyen de réduire les grossesses chez les adolescentes. La Zambie, comme la plupart des pays émergents, a également lutté contre le fardeau de mettre fin aux grossesses d’adolescentes et aux mariages d’enfants en scolarisant et en multipliant les campagnes d’éducation.

Dans la plupart des communautés africaines, les grossesses et les mariages d’enfants sont profondément enracinés et se sont perpétués à travers la pauvreté, les croyances traditionnelles et culturelles, en particulier dans les zones rurales.

Le mariage précoce principal responsable?

Des études menées dans la plupart des pays du continent africain ont révélé qu’au moins 30% de toutes les filles sont mariées avant l’âge de 18 ans. Pour cette raison, la grossesse chez les adolescentes doit être considérée comme un problème qui a besoin d’être traité, il serait temps  pour  nos pays émergents d’agir, afin assurer un meilleur avenir aux enfants à travers le monde.

Des mesures mises en place sur le continent

Ainsi, le nombre élevé de jeunes femmes a conduit l’Union Africaine  à lancer une campagne de deux ans pour mettre fin aux mariages d’enfants comme un remède à ce phénomène malheureux qui a continué à chasser le continent africain.

Cette campagne vise à faire en sorte que les États membres mettent en place des mesures politiques appropriées pour sensibiliser et mieux comprendre le problème des grossesses et des mariages de moins de 16 ans.

L’Union Africaine a fait un pas de plus en conseillant aux États membres d’appliquer en conséquence les lois qui protègent généralement les enfants contre les abus sexuels. Le Tchad a été d’ailleurs un des pays précurseurs à interdire le mariage au 1er trimestre 2015.

Rappelons que le mariage des enfants est une violation des droits de l’homme qui prive les filles de leurs droits à la santé, à vivre en sécurité et à choisir si, quand et à qui se marier. 

Sources: Unicef