Nous vous parlions il y a quelques mois de l’affaire Kaepernick. Du nom de cet ancien quaterback de l’équipe de Football de San Francisco défrayait alors la chronique en décidant de protester silencieusement contre les violences policières faites aux minorités noires notamment.

Le geste, somme tout discret, semble avoir sonné le glas de la carrière du jeune homme. Le « kneel » semble aussi avoir fait de l’athlète américain une figure emblématique de la contestation contre l’injustice faites aux noirs en Amérique. Colin Kaepernick est depuis, l’objet de l’admiration de millions de gens ; comme en témoigne la déferlante de tweets et de messages de sympathisants sur les réseaux sociaux ponctués du hashtag #IamwithKap (Comprendre « Je suis avec Kaepernick » )

Harry Edwards, célèbre civil rights activist déclarait en parlant du jeune homme qu’il est le « Mohamed Ali de sa génération ». Mais cet engouement est loin de faire l’unanimité car d’autres, comme Donald Trump, remettent en question le patriotisme du jeune africain-américain. Le 45eme président américain a ainsi affirmé que Kaepernick devrait songer à se trouver un autre pays qui soit plus en phase avec ses attentes. Trump ainsi que d’autres membres de son administration ont surenchéri à la faveur de tweets et de passages télévisés expliquant le sens du respect que tous devraient accorder au drapeau et à l’hymne national.

Ces nombreuses interventions semblent avoir eu l’effet inverse de celui escompté car depuis, d’autres athlètes ont pris fait et cause pour le jeune homme de 30 ans qui reçoit chaque jour des centaines de marques de soutien.
C’est dans cette atmosphère délétère que Stephen Curry, joueur vedette des Golden States Warriors a décidé de décliner la traditionnelle invitation à la maison blanche faite au champion NBA. La réaction du très actif président Trump ne se fit pas attendre.

Le tweet envoyé le 23 Septembre 2017 venait donc annuler l’invitation de Stephen Curry ; Ce à quoi Lebron James, star planétaire du basket, solidaire de son confrère répondit par un tweet qui a depuis été retweeté environ 2 millions de fois.

Traduction : Pauvre naze, Stephen Curry a décliné ton invitation, aller à la maison blanche était un honneur avant que tu n’y arrives.

Autant dire que le tweet vient jeter de l’huile sur le feu. Depuis, les pro-Kaepernick et supporters de Trump s’en donnent à cœur joie dans une Amérique qui semble plus polarisée que jamais sur la question.

Et pendant que certains semblent questionner la pertinence du « kneel », et le manque de respect envers le Star-Spangled Banner ; la meilleure réponse semble être celle de Randi Mayen Singer, scénariste et réalisatrice a qui l’on doit le classique Mrs Doubtfire.

Pour le paraphraser en français : Rosa Parks ne protestait pas contre les bus, Ghandi ne protestait pas contre la qualité de la nourriture ; de même, Kaepernick et les athlètes ne protestent pas contre le drapeau mais L’INJUSTICE idiot

Ce tweet cinglant vient ponctuer un débat qui divise les USA. Ce qui semblait n’être qu’un geste anodin a ouvert la boite de pandore. De la maison blanche au stade mythique des Dallas Cowboys en passant par les studios de Espn, CNN, Fox News, voire les stades des lycées et collège, le débat fait rage.

L’on penserait que Donald Trump a des problèmes plus urgents à régler entre le rejet de son « Healthcare Bill », les ouragans du Texas à Puerto-Rico, et le spectre d’une guerre nucléaire avec la Corée du Nord.

C’est dire combien la question intéresse ; tant mieux si cela permet de faire évoluer les mentalités.