Cher(e)s lecteur(trice)s, il y a de cela quelques jours j’ai reçu un  message. J’ai cogité, me suis triturée les méninges, me demandant si je devais ou non, vous le transmettre. Après réflexion, j’ai décidé d’y répondre. Monsieur X nous donne va vision de la femme noire.

«  Bonjour Samba Saphir. Je suis X, un de vos lecteurs. Je vous ai découvert par le biais d’un de vos articles, notamment celui portant sur le célibat de la femme africaine sur le site. J’ai lu votre article et me suis empressé de lire les autres. <…> J’aimerais émettre certaines critiques voire des suggestions.

En parcourant vos articles, l’on se rend compte que vous êtes une pure féministe, une femme qui sait ce qu’elle veut mais a tendance à se mettre en porte-à-faux par ses articles et chroniques. Votre article, celui portant sur la Némésis qu’est la femme noire m’a laissé pensif  parce que vous défendez certaines positions mais vous contredisez.  Ma femme (Une africaine) et moi, nous sommes procurés vos ouvrages. Il en ressort ceci :

Vous avez fait état de l’infidélité de la femme noire et tendez vers la tolérance. Une femme ne devrait pas penser à tromper son homme et encore moins apporter un fruit adultérin à la maison. Où sont les valeurs africaines ? Où sont passées les valeurs inculquées par la tradition africaine ? Où  sont passés le respect  et l’exemplarité, véhiculés par les traditions africaines ?

Concernant les actes notariés, je suis partagé car il n’y a pas deux capitaines dans un bateau mais UN SEUL ! Seul un homme devrait être capable de prendre certaines décisions. <…> Aujourd’hui les femmes peuvent hériter de leur défunt mari, c’est déjà un pas, un pas de trop, je trouve.

Pour conclure, une femme africaine ne devrait pas avoir un avis aussi tranché. Une femme noire ne devrait pas s’exprimer avec des mots durs comme vous le faites, une femme est synonyme de douceur et de négociations. <…> Vous êtes une puriste, une féministe dans l’âme, cela vous appartient mais ne devrait en aucun être le modèle des africaines. Les africaines ne sont pas encore prêtes à être féministes, elles se sont ouvertes par mégarde au féminisme, ce qui a entraîné des déviances.

Une bonne et vraie africaine est une femme traditionnelle, une femme ancrée dans la tradition et ayant fait de sa tradition, son socle. Seuls les hommes devraient réguler le modernisme à apporter aux femmes. La femme noire n’est pas encore prête à aller vers le modernisme. Avec tout mon respect, vous devrez mettre votre plume au service des causes plus justes et arrêter de « pervertir » nos femmes restées en Afrique. »

Voilà une partie du message (pour voir l’ensemble du message cliquez ici).

L’auteure que je suis, sait pertinemment qu’elle ne fera jamais l’unanimité raison pour laquelle, j’ai décidé de faire  un arrêt sur ce que je résumerai comme étant le rôle de la femme africaine ou mieux, de redéfinir l’africanité selon la femme.

La tradition comme se plaisent tant à le rappeler des hommes et des femmes, a toujours régi voire sous-tendu la société africaine, régissant des lois permettant de vivre en harmonie, quel que soit les strates de ladite société. La femme noire a certes toujours   occupé un rôle majeur dans la société, permettant d’assurer la descendance et donc,  de pérenniser le nom du mari, unir voire maintenir la cohésion entre des clans en plus de faire étalage du prestige du mari par son nombre (d’épouses). Seulement, se limiter à ces faits qui disons-le, ne valorisent pas vraiment la femme noire car elle était/est une étrangère dans la famille de son mari ou dans sa belle-famille,  d’où la difficulté à posséder la terre, pour ne citer que ceci, serait faire abstraction  d’une période importante et des femmes africaines qui l’ont marquées : le matriarcat.

L’ère du matricat

Évoquer l’ère du matriarcat renvoie indubitablement l’Afrique au continent des reines guerrières. Ces femmes guerrières, des femmes fortes qui se sont illustrées positivement, influençant l’histoire du peuple noir à long et à court-terme. Ces femmes sont aujourd’hui des figures de proue, précurseurs de certains mouvements  ou d’une dynamique qui s’est étiolée au fil des siècles. Parmi ces femmes noires,  Aminatou Zaria Reine guerrière Haoussa plus connue comme étant la 24ième Heba de Zazzaou, Nandi Reine de Zululand (une femme ayant appris le respect des femmes à son fils Chaka, l’un des hommes ayant créé au sein de son armée un régiment constitué, uniquement de femmes) et Kimpa Vita la prophétesse  des Kongos.

 

Arrivée de la civilisation

N’eut été l’arrivée des colonisateurs et de ce fait, de la modernité et la religion qui ont chamboulées le vécu des peuplades africaines. Ceux qui s’étaient auto-proclamés parangons de la vertu, détenteurs de la vérité ultime, outre les motivations dissimulées ont fait une incurie  intrusive  dans Kama en touchant à  la spiritualité. Ils se sont employés  et ont favorisé une acculturation voire une aliénation massive des peuples, falsifiant ainsi l’histoire des kamites. Les religions endogènes, jumelles de la tradition et bases des sociétés africaines, ont connu de véritables perturbations de même qu’un conditionnement de  la conscience collective. L’africain qui connaissait déjà le Seigneur quel que soit son appellation, apprend qu’il est animiste ou polythéiste, que  toutes les dynamiques de nos rites ancestraux sont contraires aux lois de l’univers et seul, les religions « importées » sont meilleures.

Colonisation 1

L’arrivée des colons

Les sociétés africaines de même que ses fondements sont revues, pour la plupart. Les sociétés ayant choisi de se replier afin de protéger leur essence, deviennent sécrètes. De-là naît la tradition orale, les traditions et les religions sont pérennisées pour certaines, totalement et d’autres subiront des modifications ou des apports extérieurs. Du matriarcat, il ne reste que des relents dans certaines sociétés, notamment les sociétés matriarcales ; l’importance de la femme n’est plus qu’apparent car la femme est reléguée au second plan contrairement à l’homme. Les religions pour certaines dont les faits sont corrélés avec la tradition, influeront sur le rôle de la femme, la soumission de la femme devient une condition siné qua none  au maintien de son statut dans ladite société.

De nombreux changements subtils au début, puis criards, sont observés. Dans la plupart des contrées, l’instruction qui se veut éclectique, se fait de plus en plus selon le genre, favorisant la déscolarisation des femmes et donc, des disparités au niveau des responsabilités et la valeur de l’Humain. La dot qui à l’origine devait être symbolique, devient une vente de la femme sous-couvert de la tradition. Des lois qui ne vont pas  toujours dans le sens de la justice et de l’équité sont votés, dans les sociétés dites modernes.

Changement effectif du statut de la femme

Les femmes qui, dans les sociétés archaïques, participaient déjà au bon fonctionnement du foyer en éduquant les enfants, s’occupant du foyer et aidant les hommes dans les champs sont appelés à s’impliquer d’avantage avec le capitalisme galopant. L’africain qui a pour habitude de tout copier sans pour autant fait le tri, consent à faire le bon choix et revoir  sous la pression du « Maitre », le statut de la femme. La femme fait des études, a le droit de voyager sans l’accord de son époux et prétendre à certaines responsabilités même si elles sont limitées.

Seulement l’apport de la modernité, phare de l’Humanité au milieu des nègres ne s’est pas fait sans sacrifice, des vies ont été sacrifiées et la dignité noire de même que la mémoire noire est devenue sélective. Le colon qui se targue d’avoir apporté la civilisation à une société qui était déjà civilisée (car hiérarchisée et répondant aux normes de toutes sociétés civilisées), s’exporte ses avec idéaux et courants de pensées qui ne sont pas toujours salvateurs.  La morale qui change au fil des âges, celle qui exige logique et clairvoyance sans menterie,  pointe force de le constater, une viatique à l’horizon.

Les femmes, éléments non-négligeables, mal nécessaire, membres incontournables de la société sont toujours à la traîne. Elles s’éveillent peu à peu et prennent conscience de leur importance, leur responsabilité et du poids qu’elles  peuvent avoir dans ladite société. L’africanité des femmes, préexistante et existante n’est plus à démontrée, comme tout le reste, évolue et est redéfinie.

Seulement, connaitre le rapport à la modernité tout en tenant compte de la tradition et de la religion, qui s’avèrent être des béquilles le cas échéant, relève de la complexité et exige que l’on s’y penche avec pragmatisme. Faire un bilan requiert une introspection profonde et surtout, sans flagornerie.

Religion et tradition, paramètres de l’épanouissement  ou de l’assujettissement des femmes.
La femme serait-elle en phase avec son africanité dans la société moderne ?
C’est ce que nous verrons dans la deuxième partie.