Cette année 2020 restera à jamais gravée dans nos mémoires. Nous sortons du confinement, fébriles et incertain(e)s des jours prochains. Juin, mois qui devrait célébrer le début de l’été, des festivités et moments familiaux. Juin meurtri à travers le monde par cette pandémie, et surtout une communauté blessée par des actes racistes.

Difficile de trouver les mots, pourtant il y en a des dizaines je pense pour qualifier ces jours difficiles.

La pandémie n’est pas démocratique. Si, d’une part, le nouveau coronavirus entrait dans le pays par les classes moyennes et supérieures, les premières victimes mortelles étaient pauvres. Nombreuses sont celles qui venaient des départements les plus démunis, de familles nombreuses et dites immigrées. La létalité est nettement différente, la journaliste Rokhaya Diallo l’a démontré ici.

Ne plus avoir de mot pour dénoncer l’injustice. Une injustice qui passe inaperçue, un pays ”aveugle” et ”sourd” quant aux pleurs des ses enfants. Ces mêmes enfants qui, bien que noirs ou basanés seront toujours appelés immigrés trois générations plus tard. Aux Etats Unis, l’esclavage a laissé des traces, en France, la colonisation a tracé un sillon…

Justice pour George Floyd, Mohamed Gabsi, Ibrahima Bah, Steve Maia Caniço, Zineb Redouane, Adama Traoré… des noms inconnus pour certains, et connues comme victimes emblématiques de la lutte contre les décès liées aux violences policières. Race, ce mot tabou, nié des médias et de tout discours politique est surtout relégué à une représentation arbitraire selon des critères morphologiques, ethnico-sociaux, culturels ou politiques,  comme les identités (wiki).

Avancer ! Se battre est une chose, et pour cela il faut s’imposer, s’implanter, se soutenir, s’entraider. Si nous n’avons pas de médias qui parlent de nous, créons les, ouvrons nos commerces, achetons chez nos confrères. Nous voulons une place dans un grand supermarché, allons la chercher, certains grands groupes jouent timidement le jeu, plus on en demandera, plus il y aura d’offres. Ce n’est pas en restant timidement dans le moule dans lequel nous avons été posés, il faut enfin briser les chaînes afin de faire un pas en avant.

Le ”buy black” ne sera plus une utopie, il se peut que certains soient réfractaires, ce sera en créant qu’on pourra convaincre. Allons de l’avant, avançons, l’avenir nous appartient !