Il fait partie de cette vague d’africain-américains qui, depuis quelques années, écument les grandes capitales africaines préparant un retour vers la terre de laquelle leurs ancêtres furent arrachés.

Ce retour à la terre mère Dynast Amir en a fait une réalité; Le jeune homme est depuis suivi par plusieurs milliers d’internautes attirés par son histoire, histoire somme toute insolite d’une reconnection nécessaire entre l’Afrique et sa diaspora des Amériques et des Etats-unis en particulier.
Il anime un blog, un podcast et autres pages sur les réseaux sociaux. Ces pages sont un genre de carnet de voyages où il invite le monde dans son univers et à la (re)découverte de cette Afrique pour de nombreux afro-américains encore trop peu connue. Nous l’avons rencontré pour un tête-à-tête.

Aleeka: Bonjour, tout d’abord peux-tu te présenter pour nos internautes?

DA: mon nom est Dynast Amir, je suis né dans la ville de Sacramento en Californie. Plus tard, je me suis installé en Géorgie; j’ai suivi un parcours sport-études et après le lycée je me suis inscrit a l’Université de Georgie, ma vie était partagée entre mes études et les terrains de football américains et les pistes d’athlétisme. Diplôme en poche, j’ai commencé une carrière assez prometteuse dans un grand groupe; mais après un temps de réflexion, j’ai décidé en Octobre dernier, de tout claquer et de voyager en Afrique; mon but étant de créer un pont et combler à mon niveau le fossé qui sépare encore les afro-américains et leurs frères africains en identifiant notamment des opportunités d’affaires pour les uns et les autres.

Aleeka: Tu es né en Californie, installé en Géorgie; mais comment s’est faite ta rencontre avec l’Afrique?

DA: Ma rencontre avec l’Afrique se fait en 2011 alors employé pour une entreprise américaine ; je décidai de prendre des vacances; j’avais entendu parler du Bresil et notamment des Brésiliennes (rires) mais finalement un ami me suggère d’essayer l’Afrique;
je me suis finalement rendu cette année-là en Tanzanie et là ce fut le coup de foudre; je suis tombé amoureux du pays et du continent.

Dynast Amir recevant son passeport nigérian

Aleeka : Et ton lien avec le Nigéria ?
DA : c’est un pays que j’aime. J’en suis a ma quatrième visite, et à chaque visite sur le continent je me dois d’y faire un tour. J’y ai fait d’incroyables rencontres. Imaginez donc mon bonheur de me voir couronné
Prince dans la contrée de Ororuwo suite notamment à ma naturalisation qui est effective depuis quelques jours. J’ai donc désormais la double nationalité américaine et nigériane.

Aleeka: Félicitations, au sens symbolique c’est un acte très fort. Il semblerait qu’il y ait un changement de paradigme dans la perception que les africain- américains par exemple ont de l’Afrique.
Je pense que des films comme Black Panther ont aussi aidé les uns et les autres à se considérer comme fils de la même terre au-delà des nationalités. Qu’en penses-tu ?

DA : En effet et il y a eu d’autres films qui ont aidé avec ce sentiment, Roots, Coming to America, etc. le problème c’est que derrière il n’y avait rien de tangible. Les gens sortaient le Dashiki mais au-delà de l’excitation il n’y avait malheureusement pas de suite, c’était donc toujours plus symbolique qu’autre chose et c’est aussi le sens de mon action : Dire aux uns et aux autres qu’il y a un travail à faire.

Aleeka : est-ce là ton objectif ?

DA: Comme je dis précédemment mon but c’est de créer un pont et créer une plateforme d’échanges avec les retours d’expérience d’autres afro-américains qui auraient tenté un parcours similaire, y compris au-delà de l’Afrique. L’idée c’est aussi de rencontrer des gens qui partagent les mêmes idées ou la même vision ; qui sont dans un questionnement permanent et qui sont disposés à en discuter ; qu’il s’agisse de politiques d’affaires, je veux créer un cadre pour ce débat qui me paraît nécessaire.

Aleeka : En tous cas BRAVO pour ce parcours et espérons qu’il en inspire d’autres ; Pour ceux qui aimeraient rentrer en contact avec toi ; comment te joindre ?

Toutes mes pages sur les réseaux sociaux ont le même identifiant: Search for Uhuru en un seul mot : @searchforuhuru ; (Uhuru signifie Liberté en langue Swahili, Ndr);

Aleeka : Avant de nous quitter, une petite dernière ; simple curiosité ; pourrais-tu recommander une chanson ou un artiste ? un livre et un film ?

DA: Pour la musique je citerai Fela Kuti pour sa conscience sociale et politique, pour sa critique du colonialisme, de la corruption et puis l’espoir qu’il a su susciter chez de nombreuses personnes.

Un film : Black Panther, pour ce que cela représente au niveau symbolique de la représentation.

Un livre je dirai Succeeding Against The Odds autobiographie de John H. Johnson (créateur du magazine Ebony Ndr). Son histoire, sa vision et l’idée de lancer le premier magazine noir au niveau national. Un magazine en avance sur son temps et qui dans les années 60-70 osait mettre en avant des noirs loin des clichés négatifs. Un des premiers à montrer l’importance de contrôle de notre image. C’est clairement un de mes favoris de tous les temps.

Aleeka : Merci pour ce que tu fais
DA: Merci à toi de m’offrir  l’opportunité de m’exprimer sur cette plateforme.