Alicia Keys et son fils Génésis

Il y a quelques semaines la chanteuse Alicia Keys postait sur sont compte Instagram, une vidéo ou elle expliquait qu’elle s’était rendue chez sa manucure avec son fils Genesis, âgé de 4 ans qui était très excité et voulait un arc en ciel de couleur sur ses ongles, mais il s’est ravisé car il avait peur de ce que les autres allaient lui dire. Elle a donc tenu à le rassurer et lui dire que beaucoup de garçons le faisait et qu’il n’avait pas à se soucier du regard des autres. Cette expérience l’avait interpellée car elle montrait à quel point nous sommes tout le temps jugés et qu’elle se sentait frustrée par le fait que les gens ne puissent pas explorer leurs «énergies masculines et féminines». 

La poupée non genrée, un jouet inédit

Beaucoup de poupées ont été créées ces dernière années afin de coller au plus près à une évolution de diversité de genre de la population. C’est là qu’entre en scène la série de poupées de Mattel “Creatable World, une poupée “non genrée” avec un corps ni féminin ni masculin. Cette série disponible exclusivement en vente en ligne dans un premier temps , est composée de 6 modèles inclusifs et personnalisables, pantalons, jupes, accessoires, cheveux courts ou long, tout est possible sur les modèles qui ne représentent plus des adultes comme les anciens modèles mais un enfant de 7 ans.

Par le passé, Mattel a été très critiqué pour son manque de diversité et sa vision irréaliste des femmes. Après avoir lancé une collection avec des poupées de plusieurs tailles, couleurs, morphologies différentes, avec même des poupées en fauteuil roulant ou avec une prothèse à la jambe (collection Barbie Fashionistas Dolls). Mattel a souhaité ouvrir la porte aux identités de genre trans et non binaires afin que les enfants puissent s’identifier sans être influencés ou ignorés par des produits qui ne leur ressemblent pas. Le problème vient également des parents qui confondent le genre (comment une personne s’identifie) avec la sexualité (à qui une personne est attirée) et sont passablement influencés par la complexité de notions qu’ils ne comprennent pas bien et qui les effraient, complètement happés par le besoin de définir les choses avec logique complètement à l’opposé des enfants qui agissent plus par intuition. Ces mêmes parents sont terrifiés à l’idée d’exposer leurs enfants à une poupée capable selon eux de changer l’identité de leurs enfants.

Le “Genre”, un enjeu sociopolitique?

Mardi 24 septembre 2019, Agnès Pannier-Runacher, secrétaire d’État auprès du ministre de l’Économie et des Finances, signait avec des professionnels du secteur, la ” Charte d’engagements volontaires pour une représentation mixte des jouets”, on y voit une volonté du ministère de ne pas cantonner les enfants dans des univers où ils ne verraient pas de vocation à cause du genre auxquels ils sont attribués.

C’est un gros pari qui se joue sur une marque qui croit en une évolution future des mentalités. Aux Etats Unis, une étude menée par le Pew Research Center, montre que la plupart des américains trouvent positif d’orienter les enfants vers des jouets traditionnellement associés au sexe opposé, mais les disparités d’avis deviennent importantes lorsque l’on interroge des personnes issues des deux principaux partis politique (Démocrates et Républicains). 85% des démocrates pensent que c’est une bonne chose pour les parents d’encourager les jeunes filles à jouer avec des jouets ou à participer à des activités qui sont normalement associées aux garçons, et 78% disent qu’il est bon d’encourager les jeunes garçons à participer aux activités axées sur les filles, quand 61% des Républicains estiment que c’est une mauvaise chose d’encourager les jeunes garçons à le faire, alors que seulement 38% pensent que c’est une bonne chose. Ces disparités révèlent que malgré l’augmentation de jeunes qui s’identifient comme genre non-binaire, les traditionalistes religieux, les coutumes et l’ignorance dominent encore et freinent tout espoir pour un changement réel des mentalités.