Qu’on se le dise entre filles la mode se renouvelle et à moins d’être la fille d’un sultan mon compte en banque peut vite être fébrile face à cette addiction. Je me suis vite rendue à l’évidence, j’ai le choix entre me faire plaisir, et mes enfants mangent des pâtes toute l’année, ou alors je reste raisonnable et je m’offre de belles pièces que je garderai au mieux une belle saison.

Ce billet, j’ai décidé de l’écrire non pas pour pleurer sur mon sort, mais pour pouvoir partager et avoir vos points de vue sur cette tendance.
Chiner, et oui, ça ne vient pas d’Orient (hi hi) mais c’est tout simplement le fait de pouvoir acheter en occasion des objets de seconde main. Cela peut aller du mobilier du séjour, au paillasson d’entrée, et moi je le fais pour les vêtements, des meubles… La crise économique a permis l’essor de ces commerces, en effet, la ménagère fait attention à sa popote. La bonne chineuse aujourd’hui n’a pas le look qu’on lui donne, style mère « bidochon » avec dix marmots qui la suivent ou encore l’ado boutonneuse. Eh bien non, la bonne chineuse c’est celle qui trouve les bons plans, les bonnes affaires, et surtout les bonnes pièces.

Cliente-du-marché

 

De Paris à Brazza

Oui, on peut s’habiller en allant fouiner dans les friperies. En effet, on peut suivre la mode en chinant.
De Paris à Brazza chaque marché a sa place à la friperie. Nombreux sont les commerçants qui depuis des années se font leur beurre à travers ce commerce. Longtemps critiqués, ces mêmes commerçants permettent à des familles de s’en sortir sans se ruiner.
A Abidjan, la friperie prenant de l’ampleur, certains couturiers reconnaissent perdre de la clientèle. Pour 10.000 FCFA (15€) la cliente pouvait se faire coudre une tenue, pour la même somme elle a une jupe, un pantalon et deux hauts aux puces.
Fouiller à « moutouki« , ma cousine Maroundou m’en a parlé . Son salaire ne lui permet pas d’aller dans les boutiques de Libreville. Alors le problème a été réglé pour la rentrée des classes du tout dernier. « On va fouiller à moutouki pour s’acheter les habits de tous les jours. Mes enfants ont un uniforme pour l’école mais pour le quotidien je tiens à avoir de ma bonne qualité. J’y trouve des chaussures parfois neuves, des jeans, et même un manteau pour mon mari qui ira en formation en Europe ».

Pourquoi avoir honte de s’y rendre? Parce que pour certaines, cela serait trop beau d’afficher la provenance de son dernier beau sac à main. Toujours donner une bonne image de soi, c’est comme afficher une bonne mine.

A Yaoundé, les « Aborey«  sont comme la plupart des autres pays africains en marché ouvert. Cela n’empêche pas que les diverses classes sociales s’y côtoient, on va chiner pour s’habiller et cela non pas toujours par choix personnel, mais surtout parce que dans la plupart de ces pays africains la vie est chère. « La plupart des pièces proviennent d’Europe, les ballots sont souvent ouverts le premier samedi du mois, juste quand ma paie arrive » confidence de Esmereldée habituée des lieux.

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S’habiller dans les pays africains reste cher. Malgré la tradition que nous transmettent nos mères, avec le pagne, notre génération s’est beaucoup occidentalisée. S’offrir une belle robe pour travailler cela peut aller au crédit à trois ou quatre paiements mensuels pour la femme de classe moyenne . Alors si cela peut en rassurer certaines, il n’y a aucune honte à aller chiner, à aller aux puces.

Comment s’y prendre pour bien chiner ?

Chiner avec efficacité : choisir les pièces qu’on aime porter au quotidien, ça évitera de les laisser dans le fond de son placard; pour cela il fait aimer les surprises être patiente, et surtout curieuse.

Être appliquée : parce que chiner n’est pas synonyme d’achat de chiffons. Inspecter les vêtements, de façon à éviter les trous ou les tâches. Les vêtements ayant des odeurs de naphtaline peuvent être rattrapés avec un bon lavage.

On mixe les pièces : la mode n’aime pas les répétitions. N’hésitez pas à dépareiller les pièces, on peut acheter par exemple un veston qu’on mettra avec une jupe de son dressing. On suit la mode, bien sûr, on se dit que tout est permis et on ne ressort pas de là frustrée de ne pas avoir trouvé la pièce voulue.

Se looker à moindre coût, pour les modeuses, les collectionneuses aimer chiner ne s’apprend pas. L’élégance reste la base de tout style . Un vêtement élégant est un vêtement bien porté, mais intrinsèquement, un vêtement élégant donne de l’allure. Le prix du vêtement ne fait pas sa beauté.

kilo shop

A Paris, nombreuses sont les adresses (Episode : c’est une chaîne de friperies d’origine néerlandaise, présente à Paris rue Tiquetonne dans le quartier des Halles. on peut trouver des pièces neuves : anciens stocks de sneakers par exemple. Guerrisol : Les fripes les moins chers avec un arrivage permanent…), pensez également à Emmaüs ou au Secours Populaire, leurs magasins de friperies sont alimentés par des donations et les sommes récoltées reviennent aux associations.