Depuis le 9 décembre 2016, la Gambie fait l’objet d’un « cinéma » politique sans précédent. En effet, après 22 ans au pouvoir, le Président Yahyah Jammeh a reconnu sa défaite aux précédentes élections présidentielles et a publiquement félicité le candidat de l’opposition Adama BARROW pour sa victoire.

La Singularité gambienne

Contre toute attente, le Président sortant conteste par la suite les résultats et se pourvoit devant la Cour Suprême du pays afin d’organiser un nouveau scrutin.  Ce fameux 9 décembre marque le début d’un cache-cache politique entre Yahyah Jammeh et la communauté internationale et plus précisément la Communauté Economique Des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).

Une médiation conduite par cette organisation est alors mise en place afin de dissuader l’ex-président de s’accrocher au pouvoir. Au vu du refus de ce dernier, la CEDEAO décide d’une intervention militaire sur le sol gambien. Cette initiative obtient le soutien du Conseil de sécurité de l’ONU, le but étant de redonner le pouvoir au président démocratiquement élu, Adama BARROW.

Adama Barrow

Prévue pour le 19 Janvier 2017, l’investiture du nouveau président gambien, s’est déroulée, sur le territoire gambien, plus précisément à Dakar au sein de l’ambassade Gambienne. Il est nécessaire de respecter la constitution d’où la nécessite de la question de territorialité.

Cette investiture est une première sans précédent dans l’histoire du pays et vient aussi inévitablement ternir l’histoire politique des pays de la sous-région. On se rappelle encore l’élection présidentielle de 2010 en Côte d’Ivoire qui a vu l’installation de deux présidents, un reconnu élu par la Commission électorale du pays et l’autre reconnu élu et investi par la communauté internationale.

Afin d’endiguer cette situation instable, la CEDEAO a mené une seconde médiation le 20 janvier  par les Présidents guinéen et mauritanien,  tout en lançant un ultimatum au président sortant qui devrait quitter le pouvoir à la suite de cette médiation , sous peine de voir l’armée sénégalaise, déjà présente sur le sol gambien et les forces de la CEDEAO intervenir pour rendre le pouvoir à Adama BARROW.

Et la population dans tout ceci ?

La conséquence première de cette situation politique précaire est la fuite de la population gambienne(1) notamment au Sénégal et dans les pays frontaliers, celle- ci craignant que Yahyah JAMMEH persiste dans son désir de rester au pouvoir, et ce par tous moyens, ce dernier ayant le soutien de l’armée gambienne.

(1) Estimée à 45.000 selon les données du UNHCR