« Toute la misère du monde n’est rien à côté d’un adieu » Daniel BALAVOINE. Cette pensée résume assez bien le flot d’émotions par lequel je suis passée la semaine dernière. Aussi plutôt que d’écrire un article, qui ne serait pas assez personnel, je voudrais tout simplement faire passer un message et discuter avec vous.

La semaine dernière, le milieu de la mode africaine principalement et le peuple ivoirien en généralité a appris le décès de l’un de ses enfants, promis à un brillant avenir. Des faits, il ressort que ce dernier s’est rendu en Lybie, dans l’optique de rejoindre l’Europe en bateau. Oui il s’agit de l’immigration clandestine mais…là n’est pas la véritable question.

Ne connaissant pas le défunt, son tragique départ m’a cependant profondément bouleversé et je me suis mise à réfléchir véritablement à toutes ces personnes qui quittent leur terre, leur pays pour le rêve européen, et ce Quel que soit le moyen choisi. J’ai longuement hésité à écrire cette missive parce que ne me jugeant pas légitime, moi, qui est aussi quittée mon pays afin de finir mes études et de me donner une chance dans ce pays européen, la France. Mais le besoin d’en parler a eu plus de force que mes scrupules.

Ces dernières années ont été celles où l’immigration clandestine a explosé et fait tellement, tellement de morts. Nous sommes finalement entrés dans un monde dans lequel la mort n’effraie pas, et que le besoin de se réaliser amène à faire des choix aussi drastiques soient ils. Quitter sa maison, sa famille, son entourage et ce, pour construire une nouvelle vie qu’on idéalise généralement. Oui mais à quel prix?

J’en veux à nos autorités de nous avoir progressivement fait perdre le désir et la volonté de rester sur nos terres et de croire que nous puissions y avoir l’avenir que nous désirons.
De plus en plus, les disparités sociales se creusent. Selon l’ONU, les pays du SUD ont développé une nouvelle forme de séparation entre les riches et les pauvres. Les pauvres deviennent ainsi plus pauvres, et les riches plus riches de sorte qu’il n’existera plus dans ces pays de classe moyenne d’ici 2050.

Nos systèmes de santé pèchent par tous les trous, la vie est de plus en plus chère comme partout dans le monde vous me direz, mais l’économie de nos pays repose pour la plupart sur l’agriculture et nos sols sont riches en matières premières de sorte que le continent Africain est la réserve en ressources primaires du commerce mondial. Qu’en est-il alors de la répartition de ces richesses?

J’ai envie et besoin de croire à ce rêve africain. Me dire que le jour où je déciderai de rentrer chez moi, je pourrai œuvrer à mon niveau à son développement et que je pourrai y construire mon avenir et celui de mes descendants. RIEN ne m’empêche de rentrer et je le ferai certainement.

Il faudrait sensibiliser nos frères sur la réalité de nos vies en Europe, sans pour autant les dissuader de venir le constater par eux-mêmes, par des moyens légaux et non pas au prix de leurs vies. Comme on le dit chez nous « la vie est dure » Elle l’est Quel que soit le continent. Avec le travail et la patience nous y arriverons.

Réveillons nous pour faire de notre continent celui de nos rêves, de notre avenir et de celui des générations futures.  Arrêtons de toujours attendre que ce soit les autres qui nous montrent la beauté de notre continent. Faisons de lui un eldorado, NOTRE ELDORADO.

Il nous appartient de construire ce monde dans lequel nous voulons vivre. N’attendons rien de nos politiques, de nos gouvernements, de la « communauté internationale », NOUS, dans notre normalité, avons la possibilité de changer les choses. Formons nous, battons nous et Quel que soit le temps ce travail paiera. Mes idées sont peut-être utopiques mais j’y crois.

Jean Paul Sartre a dit « Je hais les victimes qui respectent leurs bourreaux« . Nos bourreaux, nous les connaissons, que pourront-ils face à notre Volonté?

Ce matin, je pleure tous mes frères qui sont partis, ont espéré et cru en un avenir meilleur et qui ont laissé des familles, des nations endeuillées. Nous vous aimons et vous porterons à jamais dans nos cœurs. Reposez en paix.

Vos commentaires sont les bienvenus…